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Cahier de tendances FUTUR(s) 16


« Le monde moderne se caractérise par sa complexité : réseaux, processus, échanges, structures, interdépendances, régulations, convergences, accélérations… En réaction à ce constat, émerge une voie humaine cherchant à donner du sens à la réflexion et à l’action, à « grandir en humanité » ... »

Joël de Rosnay,  Les Dialogues stratégiques.  Mieux comprendre la complexité et l’évolution du monde. Réédition 2016

Désordres, défiances, menaces, tragédies… L’actualité impose une vision anxiogène d’une réalité quotidienne effrayante, décourageante et déconcertante. Dans ce contexte qui brouille nos repères, l’aspiration à façonner l’avenir (Shaping our destiny) de Futur(s)15 semble difficile à mettre en oeuvre. Mais, malgré cet environnement qui multiplie les paradoxes, nos contemporains élaborent les réponses et solutions leur permettant de naviguer au coeur de la complexité.

Portés par le désir de singularisation, les individus cultivent des identités fluides et plurielles qui s’affranchissent des carcans sociaux et des codes du genre. Afin d’échapper aux exigences et rythmes de la vie moderne, ils sont aussi prêts à « s’extraire du monde » pour se livrer à une introspection qui libère leur foisonnement intérieur.

Perplexe et méfiant vis-à-vis de l’information et de toutes les formes de pouvoirs, l’individu privilégie sa subjectivité émotionnelle pour appréhender le vrai. Il « éprouve » le réel par le ressenti, favorise le live, le spontané et les expériences immersives où fusionnent réalité, virtualité et fiction. Il perçoit par sa sensibilité le lien irrationnel qui l’unit à une Nature sauvage, magique voire cosmique.

Dans un contexte de tensions communautaires et identitaires, les citoyens, conscients de vivre dans des sociétés de plus en plus multiculturelles, aspirent à redonner sens à la fraternité dans un esprit d’ouverture et de tolérance. En quête d’indépendance et d’autosuffisance, ils réinventent le modèle collaboratif et s’enthousiasment pour « l’économie artistique ».

Enfin, face aux incertitudes pesant sur des avancées techniques toujours plus complexes, nos contemporains aspirent à une « émotionnalisation » de la technologie, capable de fluidifier nos relations avec des machines que nous souhaitons mieux contrôler. Ils appellent de leurs voeux une « magnifi-science » consacrant le lien entre science, onirisme et imagination.