FUTUR(S)
TRENDS
  • Google+
  • linkedin

NOUVEAU CONTRAT SOCIAL

À l’image du « radicant », concept utilisé par le critique d’art français Nicolas Bourriaud pour décrire une nouvelle esthétique de la globalisation, fondée sur l’échange et la mobilité, le web ne révolutionnera pas uniquement nos systèmes d’information et de communication. Sa structure inédite, ouverte et poreuse, se passant des hiérarchies arborescentes et des frontières géographiques, tend aujourd’hui à s’élargir dans le monde « réel ». Il inspire de nouveaux comportements, modes de pensée et valeurs de consommation.

SIGNES ÉMERGENTS

“De nouvelles places de marché se créent ‘online’ et ‘offline’ où les individus peuvent de nouveau se ‘rencontrer’ dans un village global et créer des relations de confi ance ‘non locales’. C’est le retour d’une époque où tout comportement incorrect ou embarrassant est immédiatement connu de la communauté.”
Rachel Botsman et Roo Rogers, What’s mine is yours

Le web, le Cloud Computing (informatique en nuage hébergeant des données sur des serveurs délocalisés), la démocratisation du Wi-Fi et des Smartphones offrent aujourd’hui au consommateur un nuage de possibilités dématérialisées qui se rematérialisent à la demande.
Fondée sur l’échange et le gratuit, la révolution du peer to peer (pair à pair) a permis d’envisager de nouveaux modèles de consommation qui s’aff ranchissent des logiques traditionnelles du marché.
Une profonde remise en question de la nécessité de posséder des biens matériels, au-delà du monde numérique. C’est la confirmation du délitement de la notion de propriété statutaire, amorcée dans Innovation Ascendante (Futur(s)10). Le consommateur, pour des raisons économiques, aussi bien qu’écologiques et pratiques, ne souhaite plus s’encombrer d’objets, mais simplement y accéder quand il le souhaite.
La consommation collaborative réintroduit de façon inédite la confiance intuitu personae (contrat moral conclut entre les personnes).L’influence de nos actions en ligne sur nos pairs, nous transposed’un schéma individualiste basé sur la propriété, à un modèle plus interdépendant et convivial de société fondé sur la confiance.

1. Ce qui est à moi est à toi
Prêter, louer, échanger via Internet, reposent sur la confi ance et le respect mutuel. “La consommation collaborative (…) réinvente ce que nous consommons, mais également comment nous consommons”. Ce qui est à moi est à toi, la montée de la consommation collaborative, Rachel Botsman & Roo Rogers, 2010

2. Pour une société conviviale
Des protagonistes des courants «anticapitalistes» (décroissance, nouveaux indicateurs de richesse, anti-utilitarisme, paradigme du don...) jettent les bases d’une société conviviale pour retisser le lien social. De la convivialité Dialogues sur la société conviviale à venir, Alain Caillé, Marc Humbert, Serge Latouche, Patrick Viveret, 2011

3. Supermarché coopératif
À Londres, The People’s Supermarket commercialise des produits locaux, artisanaux et bio. En échange de 4 h de leur temps par mois et une petite cotisation, les clients reçoivent une remise de 10% sur les produits. La collaboration pour maintenir des prix bas.

ÉVOLUTION DE VALEURS

RÉPUTATION ET INDICES DE CONFIANCE
Communiquer, échanger et consommer sur le web : chacune de nos actions laisse des traces sur la toile. Elles se refl ètent dans les indices de confiance. Comme le dit Rachel Botsman, “la réputation est une nouvelle monnaie sociale, qui pourrait devenir aussi puissante que l’indice de solvabilité”. 
Soutenue par l’explosion des médias sociaux tels que Facebook ou Twitter qui positionnent l’individu et les marques dans une relation de proximité, la notion de réputation deviendra donc essentielle pour le marketing demain.

CONVIVIALITÉ ET PRAGMATISME
La société en réseau ouvre la voie à des modèles d’échanges basés sur le collaboratif qui sortent le consommateur d’un rapport marchand traditionnel pour lui off rir des solutions plus économiques et responsables.
On revalorise des notions oubliées dans nos sociétés souvent trop individualistes et hiérarchisées : le bien commun, la convivialité, la solidarité, l’empathie, mais celles-ci sont envisagées sous un angle pragmatique qui tient compte des intérêts de chacun.

CONCEPTS CRÉATIFS : FUN TRADE

La logique du «tout en partage» élargit ses domaines d’application et se démocratise. Un mode de consommation à la fois économique et généreux, de plus en plus convivial, accessible et ludique.

1. The Garden Library by Yoav Meiri Architects.
Une bibliothèque pour réfugiés et travailleurs migrants. Les livres, envisagés comme droit fondamental humain, avec leur double-fonction d’évasion et de refuge, sont dans les diverses langues des lecteurs.


2. Streetbank.com. 
Un site qui permet de partager avec son entourage : outillage, DVD, place de parking, jouets, heures de bénévolat, etc. dans un rayon de 1,5 km.

1. Public Wardrobe by Vincent Wittenberg & Guy Königstein.
La tradition du recyclage des vêtements par le don, encouragée et remise en scène avec un projet à l’intersection du privé, du collectif et de l’espace public.

2. The Cushion Tree by Matali Crasset. Encourager la convivialité sur la pelouse d’un lycée, inciter les étudiants au partage et aux échanges informels, comme autour d’un feu de camp.

 

share