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Singularities

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Jun 28, 2016Julie Dao Duy

Par Julie Dao Duy, Lydia Amrouche

Les grandes civilisations antiques ont marqué de leur empreinte les arts et la culture. Comme évoqué dans notre thème SACRE  (ETE 16), la Grèce et la Rome antique sont redevenues sources d’inspiration pour les artistes et créateurs contemporains qui aspirent à plus de spiritualité, d’universalité et de durabilité. Déjà la mode, il y a quelques saisons, empruntait à ces civilisations certains codes : volumes flous, palette sobre, matières naturelles et modernisation des techniques du drapé ou de l’enroulé. C’est aujourd’hui au tour des créateurs de bijoux, des artistes et des architectes de rendre hommage à cette esthétique ancestrale radicalement épurée qui inspire sagesse et sérénité. Demi-cercles, triangles hachurés, lignes brisées…les formes géométriques empreintes à la céramique caractérisent cet art si particulier. Nombreux sont ceux qui s’en emparent, à la recherche de cette idée de dépouillement et de majesté, de brut et précieux. Des concepts esthétiques soi-disant opposés et pourtant si intimement liés dans l’Antiquité.

Dépouillement et majesté

Simplicité des formes, décor épuré, marbre blanc ou roche calcaire…l’architecture qui caractérise la Grèce et la Rome antique s’inspire de formes géométriques simples  emprunté à l’art de la céramique (arcs voutés en demi cercles, colonnades) mais s’impose par son gigantisme et sa majesté.  Cette alliance entre sobriété et grandeur est l’ultime but recherché par les architectes et designers contemporains du monde entier.

C’est notamment le cas de l’architecte Xavier Corbero qui a fait de sa maison, organisée autour d’un profond puits de lumière, un véritable labyrinthe aussi poétique que vertigineux. Au sous-sol, dans cette pièce qu’il a intitulé le « musée » les arches en grosse pierre laissent majestueusement entrer la lumière du jour.

Faire cohabiter histoire et modernité, majesté et épure : tel était le défi de l’Agence OMA, chargée de rénover la fondation Tadeschi à Venise. Sobriété dans le choix des couleurs, mise en valeur des arches par des finitions laiton, mariage de différents matériaux (bois, briques, pierre)…le résultat est à la hauteur de l’histoire du bâtiment.

Simplicité des formes mais aussi noblesse des matériaux : le marbre, « pierre resplendissante » pour les Grecs, était le matériau fétiche des bâtisseurs de l’Antiquité. Cette luxueuse roche polie fait son grand retour chez les architectes et designers contemporains : on la retrouve associée au bois au Abade Pedrosa Museum au Portugal, pensé par les architectes Álvaro Siza et Eduardo Souto, mais aussi en référence directe à la Grèce Antique à l’Hotel Amanzoe dans le Péloponnèse.

Préciosité brute

Des ustensiles quotidiens aux objets rituels ou religieux, le savoir faire des artisans de la Grèce et de la Rome Antique permettait d’allier avec succès des matières et des formes brutes avec une certaine notion de préciosité.  Vases, assiettes, pots ou bijoux…ces mêmes objets usuels sont aujourd’hui revisités, sans jamais perdre de ce savant mélange.

Les vases en céramique Kora de Studiopepe s’inspirent directement de ceux de l’Antiquité, toujours dans un esprit brut, mais enrichis et modernisés par une nouvelle gamme de couleur.

L’artiste australienne Miranda Scozeck revisite elle aussi les vases antiques, qu’elle associe à des couleurs chaudes et à des formes plus graphiques.

Dans  le studio de la créatrice et styliste Tamara Maynes, les mini-statues antiques côtoient design contemporain et objets du quotidien, dans un joyeux désordre.

Les arches cuivrées de la corbeille à fruits du designer espagnol Jaime Haydon rendent quant à elles hommage au Colisée, tout en préciosité. On pourrait presque la confondre avec un bijou.

Ceux de Odette New York et de Modern Weaving s’illustrent quant à eux par leur côté brut et presque inachevé. Elégamment portés ils sont pourtant symbole de finesse et préciosité.