Creating
Future

Future
Singularities

  • Partager sur
Jun 20, 2017

L’art contemporain, au cœur des tendances ! Qu’il s’agisse de « Reconquérir son intériorité », d’« Apprivoiser la techno-science » ou de « Rechercher l’hyper-vérité », les thématiques explorées dans le cahier Futur(s) 16 trouvent un écho dans l’actualité culturelle et artistique contemporaine. Le partenariat entre PeclersParis et le Palais de Tokyo est un symbole fort de cette interconnexion et de cette complémentarité. Lors d’une soirée privée au Tokyo Art Club, Emma Fric, directrice de la Recherche et Prospective, a décrypté les liens étroits entre l’art et les tendances socio-culturelles.

Identités plurielles

L’expression de soi, de sa singularité, de son identité, sont des thématiques majeures explorées dans le cahier Futur(s). Dans sa dernière édition, on remarque l’évolution vers plus de spontanéité et de laisser-aller. Moins de filtres, moins de codes…Les jeunes se lassent des réseaux sociaux classiques et débrident leur personnalité sur Snapchat et Périscope, qui prônent l’immédiateté. Ils ne recherchent plus la cohérence mais bien l’épanouissement, et sont favorables à la pluralité (des identités et des genres).

L’émotion devient alors la clé et une « interzone » se crée, entre son identité bien définie et ses envies. En cultivant l’indéfinition, les individus créent une sorte de « flou artistique », qui résonne avec la multiplication des expositions d’« art hybride ». Au Palais de Tokyo, jusqu’en septembre 2017, l’artiste Dorothée Smith témoigne dans Le Rêve des formes, des mues de l’identité en travaillant elle-même sur de multiples médiums : photo, vidéo, …

Reconquérir son intériorité

Difficile de privilégier son « repos mental » dans un contexte sociétal angoissant. En proie à une anxiété permanente, les individus cherchent à se « débrancher » pour mieux se reconnecter avec leur intériorité. Cette tendance peut prendre la forme d’une retraite, comme un voyage introspectif, ou encore l’expression de pulsions refoulées, de régressions joyeuses ou de folie créative.

Le magasin Colette a soufflé ses 20 bougies en transformant le hall du Musée des Arts décoratifs en piscine à balles géante. Petits et grands y ont expérimenté les joies de la régression. Idem au Museum of Ice Cream de Los Angeles qui a ouvert ses portes en mai 2017. Les visiteurs ont pu plonger dans une piscine de « toppings », ces petites billes de couleurs que l’on parsème sur les glaces.

Rechercher l’hyper-vérité

Comment redonner sens à la notion de « vérité » ? Les artistes dénoncent et cherchent à faire « prendre conscience » de ce que l’on préfère souvent cacher. La recherche de l’authenticité, par le ressenti, devient alors un moyen de se rapprocher de la vérité. Tout comme l’émotion, qui s’impose comme un nouveau levier pour les marques qui cherchent à communiquer « en toute sincérité ».

Du côté de la communauté artistique, l’Américaine Mika Tajima, présentée au Palais de Tokyo en 2017, travaille elle aussi sur la représentation des émotions. Ses sculptures connectées, grâce à des algorithmes, permettent de « visualiser » les sentiments. Dans ses installations, les ampoules réagissent en temps réel aux émotions postées sur Twitter et sont même capables de prédire les sentiments à venir.

Apprivoiser la techno-science

Si l’angoisse liée à une vie connectée aux algorithmes perdure, elle n’entrave pas pour autant l’incroyable avancée techno-scientifique ni la fascination qu’exerce sur les individus l’univers robotique. Désormais, les consommateurs affichent leur envie d’explorer de nouveaux mondes, qu’ils imaginent poétiques et teintés d’onirisme. La science gagne alors en magnificence et remplace le mythe d’antan.

La techno-science est de plus en plus utilisée par les artistes pour matérialiser l’intangible. C’est le cas de l’artiste américain Doug Wheeler qui a présenté au Guggenheim en 2017 une chambre semi-anéchoïde remplie de basotect, un matériau conçu pour absorber le son. Cette pièce conçue comme une expérience immersive brouille les repères et plonge le visiteur dans un désert acoustique. Une façon de matérialiser le vide, le silence et l’infini.

En 2018, le Palais de Tokyo accueillera l’artiste Tomás Saraceno, connu pour ses réflexions sur les questions sociétales ou environnementales. Ses installations aussi impressionnantes que poétiques mêlent l’art à la science, à l’architecture et au vivant…Bulles suspendues dans les airs, toiles d’araignées géantes, l’artiste réinvente le monde de demain.