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Singularities

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May 15, 2016Julie Dao Duy

L’arrivée du sur-mesure dans la beauté n’est pas un concept nouveau.  Jusqu’alors réservé au secteur du luxe avec des marques spécialisée comme par exemple Joelle Ciocco ou encore Prescriptives, première gamme de maquillage avec une analyse personnalisée, dès 1979 (après avoir fermé ses portes, elle a fini par rouvrir en 2011 à la demande de ses fidèles clientes). Aujourd’hui, Dior et Elisabeth Arden ont démocratisé le concept et proposent des « skin analyser », sortes de scanners qui établissent un diagnostic pointu du type de peau et permettent de cibler les besoins en soin et les produits maquillage les plus adaptés. Avec la multiplication de ces diagnostics personnalisés en boutique ou en ligne (Clarins, Codage…), le sur-mesure s’est donc démocratisé et est bien devenu accessible à tous.  Ce qui est nouveau, par contre, est son approche plus « contextualisée ».  Exit la catégorisation par type de peau ou par âge, les facteurs extérieurs sont bien trop nombreux : pollution, stress, voyages, climat…. La tendance est donc aux produits qui répondent à des besoins très précis, en fonction de la saison, de notre environnement…bref, en fonction du moment.

Bricoler soi-même ses éléments de déco, concocter sa propre recette, s’inventer son cocktail spécial détox… le DIY est devenu une habitude, un réflexe presque. C’est peut-être une des raisons qui font de la « mixologie cosmétique » une tendance beauté inévitable. Elle répond peut-être aussi à une crise de confiance et une remise en cause des produits « all-in one » qui ne tiennent finalement aucune de leurs promesses.

Mini doses maxi effets

Très efficaces et simples d’utilisation, les boosters sont des concentrés d’actifs, à mélanger à sa base de soins quotidienne (quelques gouttes seulement). Dans leur forme la plus pure, ils peuvent même être composés d’un seul actif pour une action ultra ciblée, mais sont généralement constitués de 3 à 4 ingrédients pour remplir une mission très précise : détoxifier, réparer, ou redonner de l’énergie. Les boosters répondent aux nouvelles attentes des consommatrices qui veulent une routine simple mais très personnalisée (le layering, très populaire en Asie ne matche pas avec le quotidien des Européennes et Américaines). Une évolution des sérums en quelque sorte, qui se trouve non seulement en parapharmacie mais depuis peu dans les enseignes bon marché. Clarins s’est emparé du marché, mais aussi Séphora, qui vient de sortir sa gamme, bien moins chère.  Même concept chez Ioma avec le « Vitality shot » qui s’utilise ponctuellement, mélangé à sa crème ou directement sur la peau.

 

Autre version, plus sophistiquée : Haute custom beauty propose une véritable palette personnalisée d’ « ingrédients » à combiner sur 28 jours. Un questionnaire pointu et une gamme de possibilité infinie offre un résultat au plus proche des attentes des beautistas. Haute Custom beauty transforme presque la trousse beauté en mini-laboratoire.

Après la version luxe et lab’, la start-up Romy Paris s’inspire quant à elle des fameuses dosettes à café avec sa machine « Figure » (dont on parlait dans notre article sur la beauté connectée), véritable « Nespresso de la beauté » : les clientes se créent leur soins en injectant des dosettes d’ingrédients. Une façon d’adapter pour soi des crèmes et des sérums de façon ludique…mais pas seulement. Grâce à son application qui analyse en tant réelle la méteo locale, le taux de pollution, les courbes du sommeil ou encore l’activité sportive, la machine livre une prescription spécifique avec la bonne dose de soin. Avec plus de 1000 combinaisons possibles, Figure offre une base adaptée au lifestyle de chacun.

 

A chaque saison ses produits

Codage, marque française de cosmétiques sur-mesure, propose non seulement une formule ultra-personnalisée grâce à un questionnaire en ligne ou en magasin, mais aussi une adaptation « par saison ». Avec sa crème « Oh my cold » par exemple, la marque propose à ses clients d’adapter leur base de soin pour l’hiver. Même principe pour la crème de jour Sublimage de Chanel, déclinée en texture fine l’été et en texture « suprême » pour l’hiver.

La recherche scientifique au service de la beauté

Afin de délivrer une combinaison d’actifs encore plus pointue et personnalisée, les laboratoires cosmétiques s’intéressent de plus en plus à la recherche scientifique, notamment pour l’étude des microbiotes mais aussi pour l’epigénétique. Sisley ou encore Chanel s’y intéressent de très près car il est désormais prouvé par exemple que le vieillissement de la peau dépend moins de notre ADN que des facteurs extérieurs à nos gènes. Le type d’alimentation et le niveau de stress notamment sont à prendre en compte. Le lift de Chanel et le Sisleya Integral de Sisley ciblent les causes individuelles du vieillissement des cellules grâce à ces recherches sur l’epigénétique.