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Feb 01, 2018Julie Dao Duy

Par Emilie Desnoyer, Elen Pouhaër & Julie Dao-Duy

Entièrement dédié à l’électronique et aux nouvelles technologies, l’édition 2018 du Consumer Electronic Show (CES) à Las Vegas, qui a accueilli près de 200 000 visiteurs et 3900 exposants, dresse un panorama des toutes dernières innovations, reflétant les modes de vie et de consommation de demain, avec, au cœur des problématiques actuelles, le bien-être et la mobilité.

Réinventer la mobilité

Les constructeurs automobiles, véritables stars du CES, présentent aujourd’hui des voitures toujours plus intelligentes et connectées, présageant de véritables bouleversements en matière de mobilité et une métamorphose sans précédent de l’écosystème urbain.

Lors de la conférence intitulée « Self-Driving Cars: The Future of Personal Transportation », des acteurs du secteur automobile tels que Ya-Qin Zhang, président de Baidu ou encore Daniele Schillaci, Executive VP chez Nissan, mais aussi des compagnies d’assurance et du gouvernement américain ont mis en évidence les multiples évolutions liées à cette technologie à la fois pour les usages particuliers et le transport urbain, tant en matière de sécurité que de l’ouverture à de nouveaux marchés, notamment les seniors ou les personnes à mobilité réduite.

Si de plus en plus de constructeurs (à l’image de Kia, Toyota ou Lexus) intègrent désormais les assistants vocaux Alexa ou Google Assistant permettant de contrôler de multiples fonctionnalités du véhicule mais aussi d’autres écosystèmes comme la maison ou le bureau, d’autres vont plus loin en misant sur la création d’expériences sensitives personnalisées.

C’est le cas de Mercedes-Bens qui a mis au point son propre assistant vocal d’infotainment, MBUX  (Mercedes-Benz User Experience), produit en série au printemps 2018, notamment dans la nouvelle Classe A. Celui-ci entend transformer la relation au véhicule en anticipant les besoins et envies des utilisateurs à l’image d’un véritable assistant personnel.

 « Avec la nouvelle génération du MBUX, nous transposons notre conception de l’interface utilisateur dans le monde numérique. La technologie intelligente devient ainsi le vecteur d’une expérience émotionnelle globale. » (Gorden Wagener, Directeur des études de Daimler AG)

Autonomisation

Autre évolution majeure du secteur : la voiture 100% autonome. Comment ces véhicules nouvelle génération impacteront les modes de vie et le paysage urbain ?

Parmi les dernières innovations, la voiture 100% électrique et autonome de Byton fonctionnant à la fois par reconnaissance faciale, contrôle vocal (avec Alexa) et gestuel.

Le concept-car, qui sera disponible en Chine dès 2019 et 2020 en Europe, dispose d’un système de reconnaissance faciale pensé pour s’adapter automatiquement au profil de chacun et proposer une série de services personnalisés basée sur les préférences des utilisateurs. Mais le constructeur chinois va plus loin en misant sur la santé  et le bien-être grâce à des « health-tracking devices », une série de capteurs mesurant le rythme cardiaque, la tension, le poids ou l’oxygénation du sang.

Des équipementiers tels que Harman ou Here ont également développé des systèmes capables de faire des suggestions, voire même de prendre des initiatives liées au trajet optimal, à la température, aux préférences musicales ou encore aux données de santé.

De son côté, Nissan a présenté la technologie baptisée Brain-to-Vehicle (B2V), capable d’interpréter les signaux du cerveau pour optimiser la conduite et anticiper les mouvements du conducteur offrant une expérience interactive de symbiose homme-machine.

 

Se connecter pour mieux dormir

Ironie de la technologie : et si les objets connectés d’aujourd’hui nous aidaient à mieux nous déconnecter au quotidien ?  La « smart home » a le vent en poupe, elle s’intéresse de plus en plus aux ambiances de vie et au bien-être de ses habitants. Et parmi les premiers signes du mieux-vivre : un meilleur sommeil, apaisé et serein. Les entreprises sont donc nombreuses cette année à présenter, lors du CES à Las Vegas, leurs dernières innovations en la matière.

C’est le cas de Nokia, qui lance NOKIA Sleep ; son trackeur d’analyse du sommeil. Après sa balance connectée, son tensionmètre et son appli de coaching santé, Nokia confirme sa volonté de s’imposer sur le marché de la santé et du bien-être.
Cette fois-ci, son innovation au design discret ne ressemble pas à un objet connecté : il s’agit d’une bande molletonnée au coloris gris chiné, à placer sous le matelas. Ultra-sensible et dotée de multiples capteurs, elle est capable d’analyser l’endormissement, le sommeil paradoxal ou profond, les ronflements, la fréquence cardiaque et respiratoire…Ces données sont enregistrées et retransmises à l’appli Nokia Health Care qui grâce à des algorithmes, propose un « sleep score », sur une base de 100. Approuvé par des experts du sommeil et un spécialiste en neurologie de la clinique de Charlottesville, un programme de coaching est proposé, et permettrait de rallonger les cycles de sommeil de 12 minutes par nuit en moyenne. Et pour clore la boucle, l’appli peut aussi contrôler à distance lumières tamisées, musique douce et smartphones en mode silencieux…

Dans cette même optique de rituel de sommeil, Sleepace a présenté, à Las Vegas, sa vision de la chambre connectée, « Dream Life Solution », dont les différentes options permettent un contrôle global de son environnement au moment du coucher. Dès que les capteurs sentent que la personne s’allonge, une routine se déclenche entre tous les objets connectés. Lumières, wifi, musique, humidité, température, contrôle gestuel…jusqu’à l’ouverture des rideaux et la mise sous tension de la machine à café ou du toaster connectés, dès le lendemain matin. Une chambre 100% pensée pour favoriser une routine du sommeil millimétrée.

Une « aging tech » de plus en plus désirable

Le mieux-vivre connecté ne concerne pas seulement les jeunes générations. Ce sont même les séniors qui semblent aujourd’hui leur voler la vedette, représentant un marché grandissant (le nombre d’Américains de plus de 65 ans aura doublé en 2060 selon un rapport du Population Research Bureau). Et ces mêmes personnes vivront aussi de plus en plus longtemps.
Fort de ce constat, la « aging tech » s’intéresse à leur santé et cherche surtout à se mettre à leur place. Comment leur rendre la vie plus facile ? Comment prévenir certains accidents et surtout rester connectés aux proches, lorsque la mobilité est réduite ? Alors que certains confectionnent des ceintures « airbag » pour protéger les hanches, au design loin d’être discret, d’autres ont proposé à Las Vegas des produits au fort potentiel de désirabilité.

C’est le cas des chaussures E-Vone mais aussi de la plateforme Janasense, deux produits conçus pour protéger les séniors…mais aussi pour leur plaire.

Dans le premier exemple, la start-up à la tête du projet l’a dessinée pour être aussi agréable à porter qu’esthétique, mais aussi pour être rassurante. Dotée d’un gyroscope, d’un accéléromètre et d’un capteur de pression, la chaussure détecte les chutes et les immobilités puis alerte les proches. Point important, celle-ci vibre pour rassurer son porteur et lui signifier que les secours arrivent. Intégrée au sein de Parade, leader de la chaussure de sécurité et dont la maison-mère n’est autre que le groupe Eram, la start-up a déjà développé son prototype en deux collections de 26 modèles, pour l’homme et la femme. Sa commercialisation est attendue pour l’été 2018.

Quant à Janasense, cette start-up orléanaise a développé un nouveau capteur d’assistance à domicile pour les personnes âgées, en lien avec l’intelligence artificielle. Cet objet design vise à « protéger les seniors chez eux, sans les infantiliser, tout en les rassurant eux et leurs proches grâce à une interface conviviale accessible sur smartphone » décrit Mickaël Alves, ancien cadre quarantenaire qui a tout quitté suite au décès de son père.
Une expérimentation est en cours, grâce au soutien d’un bailleur social (Logem Loiret). 300 locataires séniors ont été équipés. De multiples capteurs analysent les comportements, jusqu’à un frigo de moins en moins ouvert, signal d’une éventuelle dénutrition.