Creating
Future

Future
Singularities

  • Partager sur
Jan 13, 2016Julie Dao Duy

Témoin d’une urbanisation exponentielle depuis des années, la Chine voit régulièrement se multiplier les épisodes d’ « airpocalypse » qui plongent les grandes villes dans d’épais brouillards (smog) hautement toxiques. En décembre 2015, la ville de Pékin a même pour la première fois été placée en état d’alerte maximale « rouge » à la pollution atmosphérique et depuis, des mesures ont été prises pour réduire de 60 % les rejets des « principaux polluants » d’ici 2020.
En attendant, face aux multiples menaces et frustrations liées à « l’over urbanisation », une partie des consommateurs chinois a déjà commencé à faire évoluer son lifestyle vers plus de respect envers la nature et l’environnement. Un mouvement qui s’incarne dans un mode de consommation plus eco-friendly, mais aussi dans une volonté de renouer avec la nature, ses bienfaits resourçants et son authenticité vivifiante.

L'"éco concern" made in China

Jusqu’à présent plutôt réservé aux expatriés et aux classes chinoises aisées qui préfèrent se rendre au Japon ou en Corée pour consommer propre et sain, l’eco-friendly tend aujourd’hui à se démocratiser sur le territoire chinois, grâce à l’émergence de marques eco-conscious locales et relativement abordables.
La marque chinoise First Flag développe des vêtement de bébé en matières 100% bio / organiques. Des produits simples au look japonisants, et le choix de la non-couleur pour mettre en avant la douceur des matières (coton, laine, soie) et apporter le sentiment de pureté et de propreté désormais si recherché.

Côté femme, la marque chinoise Icicle n’en finit de gagner en popularité. Simplicité, élégance et confort sont les maitres mots de cette enseigne pionnière… Le tout travaillé dans le respect de l’environnement, via des matières naturelles et des teintures écologiques. Plus mode et urbaine, la marque NuoMi basée à Shanghai n’en est pas moins engagée. Elle propose des vêtements respectueux de l’environnement et ajoute une dimension éthique en faisant travailler en priorité des hommes et des femmes aux situations précaires, et en reversant une partie de ses bénéfices à des œuvres de charité.

Dans la lignée de marques comme Ecover ou Planet déjà présentes sur le marché chinois, la marque de cosmétique-lifestyle Eco & More basée à Shanghai, offre des des produits cosmétiques et ménagers « chemical free » à base de plantes, plus abordables car fabriqués localement et qui, comme l’affirme la fondatrice Jeni Saeyang, permettent aux classes moyennes de s’ouvrir enfin à un mode de consommation plus eco-conscient : “Il y a une grande communauté ‘green’ ici, mais il s’agit uniquement d’étrangers ; ce n’est pas présent plus largement dans la communauté chinoise et nous ne voulons pas juste prêcher les convertis – nous voulons que toute la Chine devienne plus ‘green’.”

L’appel des grands espaces, entre dépaysement nature et retour aux sources

Ce nouveau mode de consommation plus « healthy » et cet éveil au respect de l’environnement s’incarnent également dans une quête de sensations plus « vraies ».
De plus en plus, la jeune génération tend ainsi aujourd’hui à troquer la pollution et la surpopulation des mégapoles pour l’authenticité des campagnes ou les bienfaits vivifiants des grands espaces dès que l’agenda le permet…

Les lieux de retraite eco friendly en pleine campagne se popularisent, traduisant un désir de reconnexion à la nature mais aussi une volonté de renouer avec le patrimoine culturel du pays. À l’image du Yangshuo mountain retreat, boutique hôtel situé au coeur des montagnes en pain de sucre sur la rivière Yulong, mais aussi l’hôtel Old Theatre,  lieu chargé d’histoire situé dans la région très sauvage du Yunnan, restauré dans un style contemporain qui laisse apparaître les traces du temps. Ou encore le Brick yard, ancien village réhabilité en guest house éco-luxe à deux pas de la mythique grande muraille de Chine, preuve que le tourisme « culturel » que l’on pensait jusque à présent réservé aux voyageurs étrangers séduit également de plus en plus de chinois.

De son côté, Insider Experience, fondée par un français, organise des road trips en Jeep ou Side Car dans différentes régions de Chine. Le but étant autant d’explorer des territoires sauvages que de découvrir l’histoire de ces régions. À l’origine destiné à une clientèle étrangère (touristes, expats’), cela attire aujourd’hui principalement des chinois dans les zones plus retirées.

Autre phénomène, directement importé d’Europe : le camping, qui fait de plus en plus d’adeptes. En version plutôt « luxe » pour le moment, afin de se rapprocher de la nature et d’oublier les contraintes de la ville sans renoncer au confort moderne. Mais le camping plus sauvage, très prisé des touristes étrangers commence doucement à gagner en popularité, sur les hauteurs du mont Xiaowutai dans la province de Habei par exemple ou encore au cœur du désert de Badain Jaran…

Une soif d’aventure et de sensations fortes qui s’incarne également dans la popularité de destinations plus lointaines telle que la Nouvelle Zélande et ses paysages de carte postale à la fois bucoliques et grandioses… Une machine à fantasmes ultra prisée des classes supérieures, propice aux road trips et aux activités ressourçantes toniques (trekking, vélo…), mais aussi à la pratique de sports plus extrêmes (saut en parachute, saut à l’élastique, canyoning, etc…) de plus en plus populaires en Chine.