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Singularities

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Jul 05, 2016Julie Dao Duy

De Gucci à Fendi en passant par Loewe, la tendance « historique » bat son plein depuis quelques saisons. A point nommé, le musée des arts décoratifs de Paris offre une rétrospective ultra inspirante de l’histoire de la mode, du 7 avril au 14 août 2016. 3 siècles de mode résumés en 300 costumes, répartis par grandes périodes dans plusieurs salles : période Régence, Louis XV, Louis XVI, Directoire et 1er Empire… Pour finir en apothéose dans une immense salle immaculée exposant des pièces phares de créateurs de 1920 à aujourd’hui.

Découvrez quelques morceaux choisis.

Période Régence (1715-1723)

Sous la Régence, l’étiquette stricte qui avait été imposée auparavant par Louis XIV s’assouplit. Les élégantes se permettent de porter en journée à la cour, mais hors des grandes occasions, la robe volante qui s’inspire des vêtements relevant de la sphère intime.

Portée sur un panier circulaire, elle se caractérise par des manches dites « en raquette » et surtout par des plis dans le dos dit « à la Watteau ».

La garde-robe masculine conserve quant à elle du règne précédent le justaucorps, la veste et la culotte. Le justaucorps se modifie quelque peu par l’élargissement de ses basques et par des plis multiples lui donnant une forme juponnée. Les manches ont de grands parements ouverts, arrondis ou droits.

Période Louis XV (1723-1774)

Sous Louis XV, la robe volante disparaît faisant place à la robe française. Composée d’un manteau ouvert sur une pièce d’estomac et une jupe assortie, elle conserve de la mode précédente les « plis à la Watteau », ainsi que le panier. Le corsage durant cette période est ajusté sur le devant et sur les côtés. Les manches sont dites « en pagode ».

Vers 1760, l’habit à la française pour l’homme, composé de l’habit, du gilet et de la culotte, perd de son ampleur. Les pans de devant prennent une coupe oblique et les parements des manches diminuent et se ferment.

Période Louis XVI (1774-1791)

La robe à la française prend progressivement la place du grand habit et devient alors une tenue d’apparat. Vers 1770, les femmes cèdent à l’anglomanie en adoptant la robe à l’anglaise. Elle se caractérise par un corsage ajusté dans le dos et baleiné aux coutures. Les formes se diversifient très rapidement et d’autres typologies apparaissent telle la robe à la polonaise, toutes influencés par un exotisme plus ou moins lointain. L’habit à la française garde sa structure traditionnelle mais prend un caractère plus cérémoniel. Il est alors plus ajusté et les pans de devant glissent vers l’arrière.

Période Directoire et premier Empire (1795-1815)

La révolution française a eu pour conséquence de supprimer les codes vestimentaires de l’Ancien Régime. Le modèle antique s’impose avec la robe-tunique blanche, en cotonnade, à manches courtes et à taille haute, portée avec un spencer ou de longues écharpes. L’habillement masculin ne se modifie plus que dans ses détails. Les hommes portent des habits de couleurs vives, laissant deviner leurs opinions politiques. On porte indifféremment l’habit étroit, l’habit dégagé, mais aussi le frac (sorte de justaucorps léger).

La naissance de l’Empire fait quant à elle renaître l’étiquette et le costume de cour sous une forme nouvelle : la robe-tunique. Le costume masculin quant à lui évolue peu et renonce aux extravagances du Directoire.

1820-1840

 A partir de 1815, les formes droites des robes prennent de l’ampleur au nivau des manches et la taille s’abaisse. La garde-robe masculine conserve du Premier Empire le gilet, la cravate, ainsi que l’habit à la française. L’habit dégagé prend la même silhouette conique que celle des femmes. A partir de 1835, la jupe prend du volume alors que les manches voient leur ampleur descendre autour du coude pour finalement s’ajuster aux poignets. Le Moyen Age, la Renaissance et le XVIIème siècle servent dorénavant de référence. Les lignes de la silhouette masculine s’épurent et les vêtements s’ajustent.

1840-1910

Des années sous l’influence de deux personnalités marquantes :

D’un côté Charles Frederick Worth (1825-1895), qui fonde sa maison de couture en 1857. Il est le premier à généraliser le principe des collections saisonnières, à organiser des défilés de modèle et surtout à signer ses créations. Additionné à ses tissus exclusifs, ses secrets de coupes et sons sens de l’ornement, il contribue ainsi à créer la haute couture en donnant un nouveau statut au couturier : celui de véritable créateur.

De l’autre, Jacques Doucet (1853-1929). Se revendiquant bien plus comme un collectionneur d’art que comme un couturier, il s’inspire pour ses créations tant du XVIIème siècle et du XVIIIème siècle que de l’Art nouveau en passant par la période romantique.

Les robes du début de la Belle Epoque se caractérisent encore par une taille marquée, alors que la tournure disparaît. La jupe ronde forme une cloche, répondant à d’imposantes manches gigots. Puis, la ligne sinueuse contemporaines de l’Art nouveau tord le corps féminin en S, jusqu’à ce que le buste se redresse progressivement à partir de 1906

1920-1930

La 1ère guerre mondiale bouleverse les conditions de vie de l’ensemble de la société. Dans les années 1920, les femmes tirent profit de revendications égalitaires se traduisant notamment dans leur manière de se vêtir. La mode exprime par les silhouettes le refus des contraintes et le désir d’émancipation. Les formes sont droites, éloignées du corps. La robe raccourcit considérablement, la taille est basse. Dans les années 1930, le vêtement féminin est souple et fluide. Le pantalon dans la garde-robe féminine est introduit grâce au port du pyjama tant pour le jour que pour le soir.

1930 à nos jours