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Dec 02, 2015Julie Dao Duy

Entre la récente exposition Andy Warhol au Centre Pompidou-Metz, et l’exposition Technicolor à la Tate Modern de Londres, le monde de l’art s’enflamme à nouveau pour le pop art. Peut-être parce que le détournement et la réappropriation des symboles qu’avait apportés le Pop Art rentrent particulièrement en résonance avec l’époque actuelle où chacun copie-colle, édite, ré-édite et partage quotidiennement des images.

À Paris, Andy Warhol fait le buzz avec l’exposition “Warhol Unlimited” au Musée d’Art Moderne, qui présente les travaux de ses débuts à travers des séries de peintures, films, sculptures… Juste en face du MAM, au Palais de Tokyo on visite “Ugo Rondinone: I ♥ John Giorno”, exposition dans laquelle l’artiste suisse Ugo Rondinone met en scène une rétrospective des travaux de la figure tutélaire du Pop Art, le poète américain John Giorno, dont la coïncidence veut qu’il ait été l’amant de Warhol dans les années 60…

Découvrez nos coup de cœur de ces deux expositions parisiennes.

Warhol Unlimited

Souvent controversé, le travail d’Andy Warhol a toujours engendré une pensée conceptuelle riche, et contribué à redéfinir la manière dont nous percevons les images. L’exposition du Musée d’Art Moderne se concentre sur plusieurs volets des débuts de l’artiste, dans une série de chapitres qui représentent plus de 200 œuvres.

Pour la première fois montré en Europe, l’ensemble Shadows (1978-79) de la Dia Art Foundation de New York, regroupe 108 peintures abstraites qui captent l’attention du spectateur au sein d’un gigantesque espace qui laisse entrevoir un Warhol tout sauf conventionnel.

En réponse aux utopies des 60’s, Silver Clouds (1966) oppose sa gravité, sa pesanteur et ses idées jetables. Des ballons d’argent interagissent avec les spectateurs, et planent autour de la petite salle, poussés par des ventilateurs.

L’exposition se poursuit avec certaines des œuvres les plus célèbres de Warhol, comme les Maos (1972-1973), Cow (1960s-1980s), Flowers (1964-1965), et la fameuse Campbell’s Soup Can (1962).

Ugo Rondinone : I ♥ John Giorno

Cette première rétrospective consacrée à John Giorno, poète américain né en 1936, par Ugo Rondinone, artiste suisse et partenaire de vie, célèbre ses poèmes subversifs structurés en séries de chapitres qui reflètent sa vision de la culture américaine, et de la poésie. Giorno a eu des rencontres privilégiées avec de nombreux artistes tels que Jasper Johns, Robert Rauschenberg, John Cage ou Andy Warhol, qui est finalement devenu son amant dans les années 60. Tous ont influencé son travail tout au long du mouvement pop art, et inversement.

Cette installation monumentale dédiée au travail d’une vie, faite de poèmes et d’écrits (1936-2015), les met en scène sous la forme d’une salle multicolore : les éléments digitalisés ont été reproduits et répartis chronologiquement à la manière de papiers peints.

Giorno développait des stratégies virales pour partager la poésie avec le plus grand nombre, et c’est dans cette perspective que l’on peut voir son Dial-A-Poem (1968), dans lequel un service téléphonique propose l’accès à ses poèmes sur un simple coup de fil.

Paralèllement à l’exposition au Musée, la Galerie Almine Rech, dans le Marais, présente “God is Man Made”, la quatrième exposition personnelle de Giorno, exclusivement à partir de nouvelles pièces de sa récente série Rainbow Painting. Cette exposition solo est visible jusqu’au 19 décembre prochain.