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Singularities

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Sep 22, 2018Julie Dao Duy

Néo-bourgeoises en trench et jeunes héritiers de la culture punk : le mash-up esthétique et créatif londonien a une nouvelle fois marqué la Fashion Week anglaise. En figure de proue, le défilé le plus attendu de la saison, celui de Riccardo Tisci chez Burberry, qui résume bien ce double-héritage, tiraillé entre références au classicisme victorien et punkettes en mini-jupes, sangles et tee-shirts à message.  Une approche de la mode trans-générationnelle et internationaliste, qui a le mérite de ne se fermer aucune porte. De son côté, Victoria Beckham fêtait en grande pompe les 10 ans de sa marque, qui n’a jamais autant incarné cette esthétique chic et minimale inspirée de Phoebe Philo. Enfin, c’est vers JW Anderson que les regards se tournent, le jeune designer anglais incarnant toute la vitalité et créativité de la capitale. Son approche toujours aussi expérimentale gagne cette saison en sérénité et en maîtrise.

À la veille de la mise en place du Brexit prévue pour 2019, la Fashion Week de Londres nous laisse un peu penseurs, mais tout de même séduits par l’optimisme et les inspirations joyeuses et festives des jeunes créateurs comme Natasha Zinko, Ashish ou encore Martha Jakubovski.

CLASSICISME

Trenchs ceinturés, camaïeu de beiges, foulards noués, imprimés victoriens…Riccardo Tisci a donc fait défiler pour Burberry une lady BCBG austère et raffinée, symbole de l’establishment anglais. Cette féminité classique et super clean est bien sûr incarnée par les silhouettes de Victoria Beckham, mais aussi Margaret Howel ou encore Eudon Choi, qui s’inspire non seulement des classiques anglais mais aussi de l’architecture moderniste d’un Palais indien, le Manik Bagh. Sa collection vogue entre ces deux inspirations, révélant une lady aussi à l’aide en blazer structuré et frangé qu’en jupe à carreaux brit’ nouée telle un sari.

EXPERIMENTAL

La nouvelle garde des créateurs anglais s’inspire du DIY et fait renaître dans la capitale anglaise un esprit grunge et punk. L’exubérance et l’inventivité se lit dans les collages, patchworks et vêtements hybrides de MM6 Martin Margiela, JW Anderson, Jamie Wei Huang ou encore Fashion East. Les créateurs intègrent désormais des matières techniques propres au casual et offrent à l’upcycling une légitimité mode et une touche sexy. Natasha Zinko, la créatrice russe qui a le vent en poupe, avait donné rendez-vous à ses invités sur le parking du Chelsea Sorting Office, haut lieu du West London, connu pour ses concerts, performances artistiques et autre happenings. Ses mannequins ont défilé sur un bitume couvert de mégots : jupes crayon en vinyle, combi fluos, trenchs aux reflets métalliques et imprimés sci-fi…son inspiration oscille entre looks vintage et tentation futuriste.

OPTIMISTE

À la fois couture et vintage, un vent d’optimisme et de fun parcourt la Fashion Week de Londres. D’inspiration sport et tech’ acidulé chez House of Holland, en version couture rafraichie et tonique chez Preen by Thornton Bregazzi ou encore taillé pour des soirées dansantes chez Martha Jakubowski…le vestiaire féminin se veut clinquant et fun. Henry Holland, le créateur de la maison éponyme, explique d’ailleurs que tout la collection puise son inspiration des femmes observées dans le métro. Qu’elles soient pressées, stressées, chic ou casual, coiffées ou décoiffées, il leur rend hommage avec une collection fraîche et définitivement happy.

DARK DRAMA

En opposition, de nombreux créateurs ont fait défilé une sélection de pièces austères, 100% noires, aux volumes couture et en même temps vintage. On les retrouve chez Burberry dans ses derniers passages, chez Victoria Beckham avec ses longues robes noires longilignes, chez Simone Rocha et MM6 Maison Margiela. Un côté « veuve noire », sombre mais élégant, qui tranche avec les gammes acidulées des créateurs précédents.