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Singularities

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Nov 17, 2016Julie Dao Duy

Après avoir abandonné la traditionnelle approche par saison, la dernière édition de la Fashion Week de São Paulo, baptisée TRANS N42, a fait écho aux importantes métamorphoses du secteur de la mode, s’adaptant au fameux « See now, Buy now ».

Certaines griffes ont présenté leurs nouvelles collections, mises en vente dès le lendemain, d’autres ont décidé de faire l’impasse sur cette édition pour être en phase avec les réajustements de leur chaîne de production. Quelques créateurs, à travers une approche expérimentale et artistique, ont mis en avant la beauté du travail manuel et artisanal. À mesure que la Fashion Week de São Paulo mûrit, essayant de tirer les conséquences de la crise socio-économique et politique du pays, certains créateurs tirent leur épingle du jeu par une démarche créative.

Focus sur les noms qui ont retenu notre attention.

COTTON PROJECT

Cette jeune marque de t-shirts a fait ses premiers pas sur les catwalks lors de la dernière édition de la SPFW. Cette saison, c’est dans l’espace brut d’une galerie du centre-ville que les modèles, repérés dans des bars et clubs de São Paulo, ont défilé accompagnée par le son de DJ et musiciens. Une collection simple et agender proposant un véritable lifestyle plus qu’un vestiaire, en accord avec cette édition d’une Fashion Week sans saisonnalité, influencée par le “See now, buy now”.  Avec beaucoup d’humour et de fun, Cotton Project propose une parodie des fameux t-shirts ou « goodies » proposés aux fans de musique.

JOÃO PIMENTA

João Pimenta est le seul créateur à présenter une collection menswear lors de la SPFW. Connu pour ses pièces d’habitude assez sobres, le styliste brésilien à cette fois-ci fait preuve de plus d’originalité et a dévoilé une collection des plus vibrantes. Bien qu’il ne faisait défiler que des garçons, João Pimenta a insisté sur le caractère agender de ses créations : il joue notamment avec des contrastes apparents comme le streetwear et le tailoring. La palette de couleurs, tout en douceur et en tons pastels, a donné un coup de fraîcheur et de gaieté à une Fashion Week marquée  par l’atmosphère pesante qui règne dans tout le pays.

MEMO BY LOLITTA

Memo, la marque de fitness venant de São Paulo fait de plus en plus parler d’elle. Après une première collaboration réussie avec la marque LOLITTA, ils ont décidé de présenter leur seconde collection sur le catwalk. Mariage parfait entre le style trendy et actif à l’honneur chez les Brésiliennes depuis les années 80 et la tendance Athleisure, la collection était féminine et fraîche. Un mix de textures et de combinaisons de couleurs neutres, métalliques et fluorescentes, qui ne rendait l’ensemble que plus attirant. Sexy et fonctionnelle, la collection fut sans aucun doute l’une des plus belles réussites de cette édition.

EXPERIMENTO NOHDA

Experimento Nohda, qui a défilé dans le sublime Teatro Oficina, est un label proposant une véritable expérience à travers ses collections de vêtements. Imaginée par trois créateurs qui ont décidé d’unir leurs forces pour créer des collections mixant qualité, savoir-faire et artisanat. Avec une palette simple et sans imprimé, ils ont imaginé une collection à la fois forte et conceptuelle.
Dans un pays où l’idéal de beauté privilégie les cheveux longs et lisses, cette édition a été marquée par de nombreux modèles avec le crâne rasé, les cheveux courts ou bouclés, à l’image des Fashion Weeks de Paris ou New York.

LAB – LABORATORIO FANTASMA

Fondée par le rappeur Emicida, LAB a orchestré l’un des défilés les plus intense de la semaine! Avec une bande-son live chantée par Emicida lui-même, le show s’est érigé comme un manifeste contre le racisme et l’élitisme. Les mannequins, toutes tailles confondues, ont dévoilé une collection hyper-urbaine aux influences japonaises, avec comme fond vidéo les rues typiques de São Paulo. Avec un casting majoritairement composé de mannequins d’origine africaine (comme le fondateur de la marque lui-même), et des imprimés réalisés à partir de motifs angolais Samakaka, l’identité africaine moderne était l’un des messages forts du défilé. Jamais jusque là les questions d’identité, de diversité des corps ou de street culture n’avaient été aussi fortement exposés lors d’un événement ordinairement si sélectif et exclusif.