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Singularities

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Oct 27, 2016Julie Dao Duy

Salvador Dalí et Schiaparelli, Vuitton et Murakami, Raf Simons et Sterling Ruby, mais aussi Céline et Dan Graham, qui a imaginé le décor du dernier défilé de la griffe ou même COS qui vient tout juste de sortir une collection capsule inspirée par l’artiste Agnes Martin… La mode et l’art ont toujours entretenu des relations privilégiées, se nourrissant mutuellement. Alors que la FIAC vient de fermer ses portes, Elisabeth Prat, directrice de la mode chez Peclers, nous livre son regard sur cette 43e édition en écho aux défilés SS17.

Corps étranges

Des œuvres d’une couleur peau en contraste avec des teintes presque surnaturelles, comme la « Lampe-bouche » imaginée par Alina Szapocznikow en 1966, rappellent certaines silhouettes du défilé Emilio Pucci, qui semblent illuminées de l’intérieur. Les sculptures de l’artiste revêtent une beauté étrange, à la fois sensuelle et vénéneuse.

D’autres œuvres aux formes organiques évoquant diverses parties du corps, à l’image de « Pakwan » de l’artiste américain Craig Kauffman, font écho à la matière plastique translucide de cette longue cape Balenciaga formant une seconde peau.

On retrouve également la palette chromatique ultra-colorée des visages déformés, juxtaposés, recomposés de Urs Fischer sur les défilés des collections printemps-été 17, notamment le duo de couleurs violet/rose chez Balenciaga.

été tranquille

En écho aux rayures omniprésentes sur les catwalks, notamment chez Ports 1961 ou Fendi, on note les œuvres graphiques de Daniel Buren, Marc Devade, Louise Bourgeois ou Alexandre da Cunha. Horizontales, verticales ou XXL, les rayures deviennent solaires grâce à une nouvelle palette chromatique et de nouvelles harmonies.

On assiste également à une explosion de couleurs, d’imprimés flashy et de motifs graphiques, comme ceux du vestiaire Emilio Pucci qui semblent tout droit sorti du tableau de Marcia Hafif.

Fragments textiles

Les oeuvres de Clément Rodzielski et Valérie Belin, évoquant les comics à travers une composition sophistiquée, mais aussi celle d’Ariel Schlesinger avec ses multiples découpes, semblent entamer un dialogue avec les silhouettes et accessoires du dernier défilé Loewe dotés de motifs et textures inspirés de l’artisanat. Coutures apparentes, patchworks et plissés donnent le ton d’une collection aux accents Craft.

Shocking pink

Le rose a envahi les catwalks de Paris à New York en passant par Milan. Pour Balenciaga, Demna Gvasalia a imaginé une collection mettant à l’honneur latex et lycra travaillés en drapés ou formant des cuissardes moulantes dans des tons de roses, violets ou rouges flashy.

On retrouve ces teintes sucrées chez Valentino mais aussi dans l’oeuvre subversive de Clovis Trouille baptisée « Franciscaine de Sainte Marie des Anges » tandis que le chromatisme et les formes sharp de la collection Stella Mc Cartney rappellent l’œuvre de l’artiste américain Sterling Ruby.

Street chic

Chez Stella Mc Cartney, les silhouettes sportives, quasi futuristes, agrémentées de touches fluo et d’imprimés street aux motifs graphiques entrent en résonance avec les histoires urbaines de l’artiste Paulo Nimer Pjota qui s’inspire des rues de São Paulo.

Matières triturées

Mettant à l’honneur Lee Ufan, la galerie Lisson présentait la sculpture « Terracotta » aux côtés d’un tableau issu de la série Dialogue rappelant certains des looks signés Loewe tandis que Kamel Mennour exposait l’étonnante œuvre « Mirror » d’Anish Kapoor faisant de l’œil à une sculpture en bronze – un personnage hybride, à l’aspect brut et futuriste – de Camille Henrot.

C’est dans un décor créé par l’artiste Dan Graham que Phoebe Philo a présenté sa nouvelle collection printemps-été 2017. Aux côtés de robes à motifs bleu Klein, cabas et vestes aux volumes inédits s’accompagnent d’effets de découpes et de patchworks en cuir.

Voyager léger

La galerie Victoria Miro mettait à l’honneur une installation poétique de Do-ho Suh reproduisant l’architecture des lieux de vie de l’artiste en s’inspirant de son parcours nomade. Ces œuvres délicates jouent sur les échelles et la matière pour questionner l’identité, le collectif et l’individu, la migration et les frontières.

Dans le même esprit, la nouvelle collection Marni expérimente les matières et les formes avec un vestiaire nomade faisant la part belle aux combi-pantalons, robes et manteaux oversized avec une série de poches XXL accrochée à la ceinture.