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Singularities

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Oct 27, 2015Rémi Le Masson

Comme l’analyse Eve Turrow dans son livre A Taste of Generation Yum, les jeunes se sont surtout définis en fonction de leur choix vestimentaires et musicaux au cours des cinq dernières décennies. Mais à l’heure où les tutos food envahissent youtube et où les clichés d’assiettes se multiplient sur instagram, il semble que la nourriture soit devenu un moyen d’expression incontournable qui bouleverse l’industrie culinaire et qui, plus globalement, redefini la façon d’appréhender cette cible.

Alors, quelle seront les prochaines tendances « food » à ne surtout pas manquer ?

JOUER AVEC LA NOURRITURE

Qui a dit qu’on ne jouait pas avec la nourriture ? Un chef célèbre sur Instagram, Jacques La Merde (un pseudonyme du chef anonyme), photographie des assiettes fantaisie élaborées, qui s’apparentent à la nouvelle cuisine nordique, mais réalisées uniquement avec de la junkfood trouvée au supermarché. Ses images humoristiques apportent une touche de fun au phénomène du food porn et à la haute cuisine, en créant d’étranges mais superbes et étonnantes combinaisons.

Avec une bonne dose d’humour et de talent, la food artiste Tisha Cherry propose de son côté une approche similaire en transformant la nourriture de tous les jours en projet artistique loufoque : elle crée des répliques d’œuvres d’art à partir de confiseries industrielles comme les Oreo et les Tic-Tac. Un mix d’esprit gastronomique et d’audace créative, comme une façon de militer pour que la haute cuisine ne se limite pas aux ingrédients rares, et que l’imagination dicte un peu plus l’avenir de cette industrie.

DéJEUNER CONCEPT

Autre tendance : le repas comme expérience artistique !

De Culinaire Werkplaats est un restaurant contemporain installé à Amsterdam. Un lieu aux frontières de l’art et de la gastronomie et aux allures d’atelier design où les fanas de gastronomie peuvent déguster des plats expérimentaux renouvelés tous les deux mois en fonction d’un thème inspiré par un mot, une émotion, le travail d’un artiste… Et au moment de l’adition, les clients sont invités à payer selon ce qui leur semble une juste rémunération pour l’expérience vécue.

De son côté, le nouveau restaurant new-yorkais Exhibit C. explore l’idée de réunir des aficionados de culture dans un même espace, pour partager une expérience gastronomique unique. Également connu sous le nom de supper club, l’endroit invite tous les invités à échanger les uns avec les autres, au cours d’un repas en cinq plats préparé par la chef Daphne Cheng. Chaque jour le programme du dîner change, les invités étant mis au défi de réimaginer l’assiette, et ainsi étendre leur éducation gastronomique.

MANGER SES DéCHETS

À force de parler de durabilité, elle a fini par devenir une sorte de seconde nature, et la philosophie zéro-déchet en devient sa nouvelle expression : elle encourage à trouver une seconde vie à tous les produits afin d’éliminer les ordures des décharges. Et tandis que les règles et régulations deviennent omniprésentes, une certains chef s’attachent à nous prouver qu’avec une bonne dose de créativité, la nourriture inutilement jetée est toujours de la bonne nourriture.

Un chef comme Dan Barber, chez Blu Hill à New York, utilise absolument tous les ingrédients qui passent par son restaurant, et parvient quasiment au zéro déchet. Plus tôt cette année, pendant trois semaines, le restaurant, situé dans le quartier huppé de West Village, s’est transformé en un pop-up restaurant appelé wastED (jeu de mots sur “waste”, “déchet”, et “wasted”, “gaspillé”), sur le thème du gaspillage alimentaire et du recyclage. Il a invité plus de 20 grands chefs du monde entier à créer des menus en utilisant des ingrédients inconnus, ou généralement inutilisés.

Chez Silo, le premier restaurant zéro-déchet du Royaume-Uni, le chef Douglas McMaster réduit sa production de déchets jusqu’à 95%, soit en réutilisant les ingrédients, soit en recyclant les déchets alimentaires dans une machine à compost. Une démarche que l’on retrouve dans le choix des couverts et du mobilier réalisés en matériaux recyclés.

Enfin, la jeune entrepreneuse de 23 ans, Lauren Singer, à l’origine du blog Trash Is For The Tossers (“les ordures c’est pour les nazes”), met en scène des moyens et astuces simples afin d’éliminer les déchets chez soi, tout en informant et sensibilisant ses lecteurs sur les problèmes environnementaux actuels. Alors qu’un humain produit en moyenne plus d’une tonne de déchets chaque année, Lauren a gardé deux années de ce que représentait vraiment ses déchets, dans une seule boîte de conserve… !