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Singularities

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Apr 06, 2016Julie Dao Duy

Bercés par la culture Instagram où le paraître et le self control (y compris des émotions) sont les clés du succès, les 15-25 ans se laissent aller à des sentiments plus sombres, après la mièvrerie régressive. Sur le fil entre cute « gentil » et codes plus agressifs, à l’image des collections néo-victoriennes mi-dark mi rose bonbon de la jeune créatrice anglaise Molly Godard, du succès grandissant de la marque Nico Panda à l’identité hybride (entre punk et hello kitty) ou de la collaboration entre Olympia Le Tan et le photographe japonais Araki: c’est l’émergence d’un style qui brille par son ambiguïté.

Culture anti-fashion version soft, esthétique kawai tendance punk et tatoo occultes empreints de douceur et de féminité…Découvrez 4 comptes instagram à suivre parmi les plus influents.

Soft Anti-fashion

Ariesarise

Cuir patché, inspiration army, attitudes provoc et dessins soft porn. Le compte Instagram de la marque Aries est à l’image des pièces de sa dernière collection : à la fois clean et destroy. « Réconcilier mon amour pour la mode, pour les vêtements bien finis et mon envie d’expérimentation vestimentaire avec mon intérêt pour le streetwear, les mouvements anti-fashion et la culture trash en général » : tel est le credo de la créatrice de la marque.

 

Kawai punk

Elleanor1222

«  Depuis que je suis dans le punk, j’en adopte aussi la mode et je porte beaucoup de noir (…) jai réalisé que ce n’est pas la couleur qui compte , c’est ma façon de me l’approprier qui me permet de rester différente du look normcore que je vois dans la rue » Elleanor Yamagushi, interviewée par Iheart magazine. En plein Harajuku, cette jeune japonaise, blogueuse mode pour Tokyo Fashion,  a (presque) quitté ses looks cosplay et son monde super kawai pour un univers plus dark. Toujours influencée par le « cute » typiquement japonais, elle le mixe avec des pièces cuir, des tee-shirts noirs aux inscriptions gothiques et s’autorise même des poses plus suggestives.

Minutie dark

Taticompton

Dans l’univers dark de Tati Compton, tatoo artiste basée à Londres, qui s’est fait connaître grâce à son Instagram, les codes du goth se féminisent, à moins que ce soit l’inverse. Têtes de mort en croix, pinups dénudées aux 8 bras et serpents entortillés gagnent un nouveau public. Délicats, épurés et savamment placés, ses dessins d’une grande fragilité, inspirés de vieilles photos de magazines coquins sont tatoués à la main, selon la méthode du « stick n poke » (technique plus « artisanale » qui remplace l’aiguille, pour un effet DIY : adoptée par Rihanna, Cara Delevingne ou encore Jemima Kirke). Tati Compton a récemment collaboré avec Prize Pins, producteur de pins basé à New York, pour offrir une version moins « définitive » et plus mode de ses dessins.

Goth naïf

Claire_barrow

Les dessins de Claire Barrow, créatrice anglaise de la marque éponyme, semblent esquissés d’un trait nerveux. Naifs mais dérangeants, ils rappellent l’univers glauque et enfantin d’un Tim Burton. Placés sur des robes volantées d’inspiration victorienne ou sur des leggings déchirés, ses personnages esquissés sont aussi trash que mignons. A la fois héâtrale, destroy et empreinte d’une spontanéité enfantine: son identité s’inscrit dans la continuité d’une sous-culture typiquement british et toujours aussi décalée.