Creating
Future

Future
Singularities

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Sep 05, 2014Julie Dao Duy

Un regard plus en profondeur sur le thème « faire diversion » issu de notre publication futur(s) 13.

Jouant et révélant les perversions de la société, une nouvelle forme de catharsis émerge au-delà d’une attirance pour les mondes parallèles et le romantisme noir. Elle s’incarne dans la fascination actuelle pour les fictions exaltant certaines déviances : cruautés sadiques, pratiques et personnages vicieux, sexualités controversées… Entre Eros et Thanatos, attraction et répulsion, un questionnement sur le bien et le mal finalement bien plus salvateur que malsain, car cette confrontation aux névroses et aux pulsions, sublimées par leur mise en scène, permet de mieux se libérer des siennes.

Signes émergents : la tentation de l'interdit

Massacres sadiques : Alors que le cinéma d’horreur s’essouffle, les films American Nightmare 1 et 2 de James De Monaco, renouvellent le genre en imaginant un monde dans lequel les crimes seraient autorisés le temps d’une nuit, afin de maintenir l’ordre et la prospérité le reste de l’année.

Serial Killer Attraction : Fascination dévorante pour les psychopathes jusqu’à la célébration des troubles névrotiques, les séries 2013 basculent du côté obscur à l’image d’Hannibal, Le psychiatre tueur Hannibal, de Bryan Fuller captive par sa brillance au service du mal.

Miroir des Fantasmes : Faussement « soft » ou clairement « trash », les pratiques érotiques troublant l’ordre moral sont mises sur le devant de la scène et nous plongent dans le voyeurisme à l’image du film Nymphomaniac de Lars Von Trier, 2013, qui raconte le parcours d’une nymphomane de son enfance à l’âge adulte via une mise en scène qui flirte avec la pornographie.

Futur(s) Insights : libérer ses pulsions

Après des années de refoulement de nombreuses pulsions hédonistes, sexuelles ou régressives sous prétexte de rigueur et de bien-pensance, le consommateur tendra à s’en libérer de manière spectaculaire : laisser éclater ses peines, extérioriser ses démons, s’abandonner à ses fantasmes les plus extrêmes… Un réel et puissant désir de désinhibition que le monde de la consommation devra intégrer demain.

Territoires d'innovations : borderline entertainment

Esthétique de la folie, loisirs de l’extrême, exaltation de la peur… Oser dramatiser et explorer le côté obscur en allant puiser dans les pulsions, angoisses et « mauvais sentiments » humains : une nouvelle forme d’Entertainment exutoire qui flirte avec l’immoralité et l’interdit.

Terrible Things by Terrible People LLC. Parodie trash et macabre des traditionnels Trivial Pursuit et Time’s up, cet anti-jeu de société dans lequel « tout le monde perd » propose des gages basés sur l’humiliation.

Anger Room by D. Alexander, Texas. Pour 25$ les 5 minutes, cette salle équipée de battes de baseball offre à ses visiteurs la possibilité de passer ses nerfs sur des meubles, ordinateurs ou mannequins en plastique, etc.

Les liquides imaginaires by P. DI MÉO. Ces eaux parfumées contenues dans d’imposants flacons amphores vendues en duo symbolisent le bien et le mal, le jour et la nuit, la sagesse et l’ivresse…

The aesthetic of fears by D. HSU. Une collection de bijoux réalisés en 3D inspirée par la phobie des insectes de la créatrice elle- même.

Retrouvez comment cette tendance évolue dans notre cahier Futur(s)14.