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Feb 24, 2016Julie Dao Duy

La peau est un écosystème vivant peuplé de micro-organismes. Parmi eux des mauvaises bactéries (les bactéries pathogènes), mais aussi des bonnes (les bactéries saprophytes), telles que les probiotiques, essentielles à l’équilibre de la peau. Elles nourrissent, protègent et renforcent la barrière cutanée, neutralisent les rougeurs, et permettent également de réduire les signes de l’âge en produisant du collagène et en freinant le vieillissement dû aux UV…

Or, nos routines beauté particulièrement hygiénistes sont généralement focalisées sur l’éradication de toutes formes bactéries, sans distinction, si bien que nous enregistrerions aujourd’hui un déficit en « bonnes » bactéries, responsable de nombreuses affections cutanées…

Exit donc les routines beauté décapantes (layering en tête) qui s’attachent à anéantir toute forme de vie de la peau y compris les plus bénéfiques. Le futur de la cosmétique sera « bactérie friendly », ou ne sera pas…

Cosmétique microbiotique

Bactéries, levures, et champignons colonisent notre peau. Aujourd’hui, les marques sont de plus en plus nombreuses à travailler sur des formules inédites enrichies en probiotiques. Leur objectif ? Chasser les mauvaises bactéries tout en aidant à protéger et entretenir le développement des bonnes.

C’était déjà le cas de Novexpert et sa crème « hydrobiotique » qui hydrate et permet de restaurer l’équilibre de la flore cutanée, mais aussi des produits de la marque anglaise Aurelia Probiotic fondée par Claire Vero.

Plus récemment, la marque Daydry a mis au point un déodorant riche en probiotiques qui prévient naturellement la formation des odeurs de transpiration, et la jeune marque française Gallinée a lancé toute une gamme de soins baptisée « la culture », basée sur un complexe breveté de prébiotiques, de probiotiques et d’acide lactique qui aide à soutenir le microbiote cutané.

Le come back des produits fermentés

Mais les régimes aussi sont en train d’évoluer. Comme le rappelle l’allemande Giulia Enders dans son livre devenu best seller « le charme discret de l’intestin », une alimentation riche en probiotiques aurait, entre beaucoup d’autres vertus, un impact direct sur la bonne santé de l’épiderme… Et le meilleur moyen de faire le plein de probiotiques reste de consommer des aliments fermentés, « vivants » et naturellement riches en « bonnes bactéries ».

Ainsi, des aliments oubliés tels que le kéfir (boisson datant de l’antiquité, issue de la fermentation du lait ou de jus de fruits sucré) ou le kimchi (plat Coréen à base de légumes lacto-fermentés pimentés) font leur grand retour dans les assiettes des beautystas et foodistas. À Brooklyn, la marque Kimchi Kooks récemment fondée par une ancienne designer textile, glamourise le Kimchi en proposant une gamme trendy et joliment packagée.

À Healdsburg, dans le nord de la Californie, le Shed a lancé un bar de boissons fermentées, et à Minneapolis, le Gyst bar des sœurs Guse est devenu la nouvelle adresse branchée, un restaurant qui propose des plats élaborés exclusivement à partir de produits issus de la fermentation : fromage, bière, pickles, yaourts…

Flairant la tendance, la marque canadienne Mortier Pilon a d’ailleurs récemment mis au point un kit inspiré des traditions ancestrales, conçu pour rendre la fermentation maison plus accessible que jamais.

De son côté, le Kombucha, boisson d’origine Mongole à base de thé vert ou de thé noir fermenté, devient le nouvel ingrédient chouchou des mixologistes : chez Betony, à New York, et son cocktail Marco Polo qui mélange amaro et kombucha, mais aussi à l’Artesian bar de l’hôtel Langham à Londres, au bar Sajor à Seattle ou encore au Fonda Lola, à Toronto qui sert une Kombucha Margarita.

Autres produits fermentés, les thés pu’er sont devenus si prisés qu’ils alimentent une bulle spéculative depuis quelques années. Un succès que l’on doit à un parfum et une saveur puissante qui se bonifient avec les années, mais aussi à des propriétés anti-oxydantes largement exploitées par la médecine chinoise depuis plus de 5000 ans. Tout récemment, le groupe LVMH a d’ailleurs lancé Cha ling, une ligne de soins cosmétiques de luxe qui, pour la première fois, intègre les principes anti-âge et anti-oxydants des thés Pu’er.