Creating
Future

Future
Singularities

  • Partager sur
Mar 23, 2016Rémi Le Masson

De Paris à New York en passant par Londres, la richesse et la créativité du continent Africain trop longtemps délaissées s’exposent, passionnent et inspirent…

Alors que viennent de se clôturer l’exposition « West Africa : Word, Symbol, Song » à la British Library de Londres, « Beauté Congo » à la fondation Cartier de Paris et « Making Africa » au Guggenheim de Bilbao où nous nous étions d’ailleurs rendus, des foires exclusivement dédiées à l’Art Africain vont faire leur apparition : dans la lignée du récent focus « African Perspectives » de l’Armory Show, l’une des foires américaines les plus courues, la 1 :54 consacrée exclusivement à l’art contemporain aura lieu au mois de mai à New York puis en octobre à Londres. A Paris, c’est la la Akaa (« Also Know As Africa ») qui se tiendra en novembre 2016.

A l’image des dernières collections Valentino SS16 mais aussi du succès grandissant de la marque éthique Edun qui a récemment collaboré avec l’artiste Sud-Africain Nico Krijno, le continent Africain inspire aujourd’hui également la mode.

 

Tour de piste de trois jeunes créateurs qui revisitent leurs racines, rendent hommage à la richesse du continent Africain loin des clichés cantonnés à la récup’, aux graphismes tribaux et aux motifs hauts en couleurs. Dans la lignée du thème « recréer le vivre ensemble » de notre cahier Futur(s) 15, leurs produits s’imposent non seulement comme le reflet d’un artisanat local, mais aussi comme l’expression d’une Afrique résolument créative, sophistiquée, et ancrée dans la modernité.

Grace Wales Bonner

« J’aime créer de belles choses, mais surtout de belles choses qui ont du sens », Grace Wales Bonner

Née à Londres d’une mère anglaise et d’un père Jamaïcain, diplômée de la prestigieuse Saint Martins School, Grace Wales Bonner (toujours en lice pour le LVMH prize 2016) redéfini les codes du luxe et de la masculinité avec une touche d’opulence 70’s et de préciosité qui mêle références au luxe occidental et techniques traditionnelles Africaines.

 

Entre critique de l’esclavagisme et hommage à la richesse des mélanges, sa somptueuse collection printemps-été 2016 s’inspirait des métissages indo-africains de la très méconnue communauté Siddi (une communauté Pakistanaise descendant d’esclaves noirs), rendant hommage à Malik Ambar, ancien esclave éthiopien au destin hors du commun, ayant fini par régner sur une partie de l’Inde du 16ème siècle…

Pour sa dernière collection automne-hiver 2016, la jeune créatrice a fait défilé ses mannequins sur un morceau du musicien irlando-nigerian Tunde Jegede dans une atmosphère radicalement contrastée et opulente qui rappelle le travail du peintre afro-américain Kerry James Marshall. Toujours aussi somptueux, les vêtements allaient cette fois-ci puiser dans la richesse des traditions ancestrales d’Afrique de l’ouest.

Khiry

Fondée par Jameel Mohammed, cette marque de bijoux haut de gamme s’est donnée pour mission d’élargir les perspectives du beau et du luxe en explorant la richesse et la diversité trop peu exploitées du continent Africain, et en s’inspirant d’artistes qui ont participé à son rayonnement culturel en en donnant une vision résolument créative, moderne, sophistiquée.

Pour sa dernière collection, le jeune créateur s’est d’ailleurs inspiré du musicien nigérian Fela Kuti, du photographe Malien Malick Sidibé et des films du Sénégalais Djibril Mambety.

 

Brother Vellies

Fondée par la jeune créatrice canadienne d’origine Jamaïcaine Aurora James (nommée aux CFDA Fashion Awards 2016 ) qui souhaitait rendre hommage à ses racines africaines et faire perdurer la tradition locale, cette marque de chaussures éthique réinterprète les souliers africains traditionnels (baboush, mais aussi vellies, souliers en cuir brut d’Afrique du Sud et de Namibie…) dans un esprit bohème raffiné et résolument contemporain sous l’influence notamment de Talitha Getty, icône du « Swinging London » et initiatrice du style « hippie chic ».

Les matières (cuir d’antilope, peau de Springbok, sont sourcées au Mali, au Niger, au Botswana ou en Ethopie, et les chaussures fabriquées au Kenya, en Namibie et en Afrique du Sud par des artisans locaux, dans le respect des savoir-faire ancestraux.