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Singularities

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Nov 18, 2015Julie Dao Duy

Présentée au musée d’art moderne de la ville de Paris jusqu’en janvier 2016 et mise en scène par le très pointu collectif new-yorkais DIS, l’exposition intitulée “Co-workers-le réseau comme artiste” met en lumière le travail de la toute dernière génération d’artistes : formés au milieu des années 2000, et regroupés autour d’un nouveau mouvement esthétique : l’art “post internet”.

Héritier 2.0 du pop art et du postmodernisme, théorisé à la fin des années 2000 par l’artiste Marisa Olson, cet art est celui d’une génération née avec Internet, qui en a digéré les codes, s’attachant à en explorer l’esthétique (collages, superpositions, images de synthèse aseptisées) à en “hacker” les symboles (typo et logo détournés, ré-appropriation de contenus), mais aussi à en parodier certains travers…

Entre, bricolages Lo Fi et kitch digital, pastiche et dénonciation, des installations hybrides au langage esthétique inédit, situées au coeur d’un espace peuplé d’écrans et inspiré par la convivialité impersonnelle des open-space. Voici celles qui nous ont le plus marqués, et inspirés…

“Parker Cheeto: the net artist (America online made me hardcore)”, par Parker Ito, 2013

Entre tapisserie digitale et version 2.0 du ready-made, l’américain Parker Ito (autoproclamé “YIBA”, Young Internet-Based Artist) glane au hasard des images online sur lesquelles il intervient à coup de phrases chocs et de gribouillages. Le tout sérigraphié sur un support vinyle couvert d’un film réfléchissant, sous la forme d’une frise monumentale.

“Even Pricks” (“Même les connards”), 2013 par Ed Atkins, Londres

Une bande-annonce standard de cinéma, inspirée par le signe au pouce levé de Facebook, qui symbolise l’appréciation positive, mais restreint également la capacité individuelle à ne pas aimer. Atkins questionne l’injonction au bonheur et au positivisme véhiculée par les réseaux sociaux, en suggérant une vision plus grave et plus mélancolique de la technologie.

“We’ve Never Gotten” (“Nous n’avons jamais eu”), 2015, par David Douard, Paris

Une image trouvée sur Google montre un adolescent qui souffre, dans une boîte qui représente un écran d’ordinateur. Une démonstration de claustrophobie, où l’expression tragique du jeune homme suggère son retrait de la société par l’enfermement dans le monde digital.

“I-Be AREA”, 2007, par Ryan Trecartin, Paris

Le travail présente des scénarios de personnages stéréotypés, inspirés de shows de télé-réalité. L’œuvre cherche à symboliser comment le web est partie intégrante d’une société influencée par la technologie et le consumérisme, et où l’expression de soi et l’individualité ne sont plus que les simulacres des personnages fictionnels de la télévision.

“Hacker Bar”, 2015, par Shawn Maximo, Brooklyn, New York

Inspiré par le développement rapide de l’intelligence artificielle, Shawn Maximo crée un monde imaginaire au paysage de science-fiction, qui symbolise l’attachement maladif aux téléphones portables de la société actuelle, et jusque dans les sphères les plus privées. Il s’attarde en particulier sur la jeune génération, très ou trop enchaînée à ses outils connectés.

“Liquidity Inc.”, 2014, par Hito Steyerl, Berlin

Une installation vidéo qui attire l’attention sur la crise financière de 2008. L’histoire évoque Jacob Wood, un conseiller financier américain reconverti dans les arts martiaux après avoir perdu son travail. Liquidity Inc. explore la prolifération et la dissémination des images, et la manière dont elles façonnent notre conception des problèmes actuels : crise financière, guerre, génocides, environnement, etc. Tout en parodiant le monde digital, cette vidéo de 30 minutes souligne l’importance de problèmes mondiaux que la jeune génération aurait tendance à ignorer.

“Pin-Up Business Lounge” par Pin-Up Magazine, New York

Une cabine d’essayage en verre, mise en scène par Pin-Up, se présente comme un espace contemporain de co-working, où les gens travaillent pour leur propre compte, en compagnie des autres. Les équipements peuvent facilement en modifier l’usage, et réorganiser le bureau ouvert. L’idée derrière ce concept est celle de la génération actuelle, plus ouverte à accepter les changements et les adaptations pour créer un espace partagé de travail en commun.