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Singularities

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May 10, 2016Julie Dao Duy

Par Sophie Roux, Julie Dao Duy, Antoine Burger

Après le come-back des années 70, 80, puis celui des années 90…assisterait-on au grand retour des années 2000 ? Si beaucoup préfèreraient oublier cette période à l’héritage mode douteux, voire même vulgaire, certains signes avant-coureurs ont pu être repérés sur les podiums mais aussi dans l’univers des nouvelles icones musicales. Allure néo-starlette, effets digitaux volontairement « cheap », panoplie 100% denim et survêt velouté : les signes distinctifs reconnaissables de cette pop culture très mainstream à l’époque, s’érigeraient presque comme les nouveaux attributs d’une sous-culture en devenir.

L'attitude néo-starlette

Avec leur show télé « The simple Life » diffusé en boucle sur MTV de 2003 à 2007, les deux BFF Paris Hilton et Nicole Richie sont devenue les icones style de toute une génération. Propulsant la tiare, les lunettes miroirs XL, les tours du cou et les robes affriolantes sur le devant de la scène, elles incarnaient une idée d’un sexy synthétique, glitter et glossy, porté à l’époque par des marques comme Dior ou Dolce Gabbana.

Dans leur sillage aujourdhui, les artistes Hannah Diamond et QT reprennent les mêmes codes. Avec des poses sexy et des finitions photoshop glossy, la chanteuse/photographe Hannah Diamond (en référence à Hannah Montana ?) revendique un univers pop acidulé, entre inspiration cybernétique et référence à la Barbie des années 2000. Même esthétique pour la pop star QT avec qui Hannah Diamond travaille souvent, sous le label PC Music.

 

Des effets digitaux « cheap »

Pendant les années 2000, Internet explose, Photoshop se démocratise et des montages en tout-genre font leur apparition. Le temps des pixels est révolu, les effets sont un peu plus évolués et les couleurs électrisent, mais le rendu reste assez « cheap ». Le groupe Aqua fait en 2000 un énorme carton avec Barbie girl et inclut dans son clip des effets spéciaux digitaux grossiers et régressifs : apparition de bulles, transitions entre les séquences via des formes géométriques variées…Volontairement naïfs, ils représentent autant l’univers de Barbie que les débuts du numérique et des montages vidéo accessibles à tous sur Final Cut Pro (premier logiciel de montage commercialisé à la fin des années 90).

 

Aujourd’hui, les artistes Mark Redito et Sarah Bonito, respectivement originaires des Philippines et de Corée, ont sorti un EP, « Truly » où les effets spéciaux sont volontairement dépassés et un peu clichés. Des visuels très kawai, mais sur une musique qui rappelle le son électro de Uffie.

 

La logomania

A la fin des années 90, les grandes maisons du luxe sont en pleine globalisation. Le logo, arme essentielle à leur essor, s’estampille partout. Décliné sur les vêtements et toutes sortes d’accessoires, le double C de Chanel ou le G de Gucci sont omni-présents. La logomania est à son apogée et les stars exhibent fièrement leurs produits de luxe estampillés d’un logo voyant, jusqu’à celui de marques créées de toutes pièces telles que Von Dutch. Après ce passage exhibitionniste, les marques ont joué la carte de la discrétion. Mais le logo fait son grand retour aujourd’hui, à l’image des collections Moschino, Loewe ou encore Louis Vuitton, et s’impose même en version décalée pour des marques grand public comme la collection capsule Carrefour x Anya Hind March ou encore Vfiles.

La panoplie denim

Le couple Britney Spears et Justin Timberlake, habillés en denim de la tête aux pieds pour les American Music Awards (AMAs) en 2001, est l’illustration parfaite de la gloire du total look de l’époque.

Aujourd’hui, ce sont les collections de 69 Worlwide (dont on parlait déjà dans notre cahier Inspiration SS17), de Phlemuns ou encore les chaussures patchées en denim d’Amélie Pichard x Pamela Anderson,  qui symbolisent le grand retour de l’illustre toile.

Sexy survet'

Pionnières d’un sportswear précieux et synthétique, Paris Hilton, Britney ou encore Mariah Carey, arboraient déjà le jogging en velours rose. Une vision très personnelle de la tenue de sport, presque « princesse », que reprenait Juicy Culture dans ses collections. Déjà abordé dans notre cahier PULSE FW 16-17, le survet en velours fait son retour et se décline aujourd’hui en version plus soft, dans des tons sombres et sur de nouveaux volumes, notamment chez Kith, avec leur « velour capsule ».