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Sep 18, 2017Julie Dao Duy

Ordinaire ou extraordinaire, artisanal ou conceptuel, créatif et impertinent :  le vêtement s’expose dans ses formes les plus variées en cette rentrée. Il fait voyager les visiteurs dans le temps et l’espace, explorant le Japon contemporain avec Keisuke Kanda et Kunihiko Morinaga à la MCJP, l’Espagne du début du XXème avec « Fortuny, un Espagnol à Venise » au Musée de la Mode, ou encore l’Amérique des années 50, grâce à la rétrospective consacrée à Irving Penn au Grand Palais. Et il inspire, encore et toujours, les artistes, comme Alexandra Bircken, qui le présente au Crédac comme une seconde peau, en mue perpétuelle.

ANOFUKU, Le vêtement réinventé

« Anofuku, Le vêtement réinventé » est la quatrième exposition de Transphère – série initiée en 2016 à la Maison de la Culture du Japon à Paris – dédiée à la création contemporaine. Cet automne, ce nouveau rendez-vous culturel sublime la rencontre de deux créateurs de mode parmi les plus innovants.  Leur vision commune, qui dépasse le strict domaine de la mode, investit la MCJP du 6 septembre au 28 octobre.

« Anofuku » (que l’on peut traduire par le « vêtement de quelqu’un ») est le résultat d’un dialogue où s’entremêlent passé, futur, ordinaire et extraordinaire, culture japonaise et occidentale, savoir-faire artisanaux et nouvelles technologies. Les deux artistes (ré)inventent notre rapport au vêtement de demain.

L’exposition s’articule autour de quatre zones. La première, « Happening », évoque la rencontre des deux artistes et revient sur les débuts de leurs carrières respectives.

La seconde, « Sens » Et « Forme », explore leur approche conceptuelle. Keisuke Kanda déconstruit tout ce qui définit le vêtement – style, usage, genre, âge-  et finit par le recomposer grâce à une confection manuelle délicate qui évoque l’artisanat traditionnel japonais. Quant à Kunihiko Morinaga, il imagine chaque nouvelle collection à partir d’un thème/concept qui révèle sa vision, toujours à la frontière entre l’ordinaire et l’extraordinaire. Ce procédé méthodique évoque l’art conceptuel ou encore les célèbres haïkus, poèmes à forme fixe, sans cesse renouvelés.

La troisième, « Structure » et « Système », dévoile le projet commun de Kanda et Morinaga, l’« Anofuku ». En collaborant avec le studio d’animation Ghibli, la marque de sport Asics ou encore le magasin Tsutaya autour de thématiques (comme « souvenirs humains » ou encore « multi-fonction ») les créateurs cherchent à réinventer l’approche conceptuelle, la fabrication et la consommation des vêtements. 

Animé par des médiateurs ou par les créateurs eux-mêmes, la dernière zone, « Atelier », invite le public à expérimenter les principes de confection du vêtement ainsi qu’à découvrir certains projets réalisés avec les artistes qui les ont influencés : Kyoichi Tsuzuki, Kohei Nawa, Rhizomatiks et Sakanaction.

Fortuny, un Espagnol à Venise

Après « Balenciaga, l’œuvre au noir » au Musée Bourdelle et « Costumes espagnols, entre ombres et lumière » à la Maison de Victor Hugo, l’exposition « Fortuny, un Espagnol à Venise » vient clore la saison espagnole du Palais Galliera.

Du 4 octobre 2017 au 7 janvier 2018, le Musée de la Mode de la Ville de Paris présente une exposition autour des créations de Mariano Fortuny, créateur espagnol du début du XXe siècle.

Une centaine de pièces, issues du Palais Galliera et du Museo Del Traje de Madrid, sont exposées, dévoilant les multiples inspirations du créateur ainsi que sa formidable maitrise de la lumière, de la matière et des formes.

De la robe en soie « Delphos » créée en 1909, si finement plissée qu’elle retrouve toujours sa forme initiale, même pliée, aux robes confectionnées pour la comtesse de Greffulhe et sa fille, en passant par ses impressions à base de poudres métalliques sur velours de soie… « Fortuny, un espagnol à Venise »  rend hommage au travail d’exception de l’artiste.

L’exposition revient aussi sur son travail engagé et avant-gardiste, avec notamment ses robes sans taille marquée, créées pour la libération des corps. Les visiteurs pourront découvrir l’impact de son oeuvre sur de nombreux artistes, comme par exemple Marcel Proust dans « A la Recherche du temps perdu ».

Stretch

« La peau est notre plus grand organe et aussi ce que nous voyons quand nous nous regardons. Ce que nous avons de plus profond, c’est la peau. Notre vulnérabilité s’y dessine». (Alexandra Bircken)

Du 8 septembre au 17 décembre 2017, le Crédac expose l’artiste allemande Alexandra Bircken. Au cœur de son travail, le corps et ses enveloppes. Masculin comme féminin, intact ou blessé, métamorphosé ou non, l’artiste en révèle les points forts et les faiblesses.

Elle coupe, sépare, détache, déchire, coud, tisse… et expérimente ainsi les différentes matières.  Investissant les salles d’expositions avec ses œuvres fantasmagoriques, l’artiste confronte l’apparente fragilité de certains matériaux (laine, cheveux, nylon) avec la force du bronze et de l’acier. Alexandra Bircken expose ainsi des motos ou armes à feu sculptées et découpées, ainsi que des combinaisons accidentées de motard, présentées comme des mues.

« Stretch » s’intéresse à la confrontation entre la peau et l’extérieur afin de comprendre ce qui se passe quand le revêtement qui protège et habille notre corps est exposé au monde entier.

IRVING PENN

À l’occasion du centenaire de la naissance d’Irving Penn, le Grand Palais s’associe avec le Metropolitan Museum of Art de New York jusqu’au 29 janvier 2018 pour une vaste rétrospective majestueuse explorant les multiples facettes de l’œuvre de ce photographe américain de légende.

Son sens du détail, de la composition et des nuances ont marqué l’univers de la photographie, séduisant les plus grandes marques internationales mais aussi les magazines de mode, comme Vogue dans les années 40 et 50. L’exposition revient sur 70 années de carrière où rigueur et simplicité s’harmonisent.

Le Grand Palais présente ainsi plus de 200 clichés ainsi qu’une sélection de dessins et peintures de l’artiste, autour d’un parcours chronologique. Des scènes de rues de Philadelphie aux photographies de sa muse et épouse Lisa Fonssagrives, l’exposition offre un regard complet sur l’ensemble des thématiques de son travail : la mode, les natures mortes, les nus, les cigarettes, les débris, les fleurs…