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Singularities

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Apr 17, 2015Julie Dao Duy

A travers le thème MYTHOLOGIE de notre cahier Beauté FW 16/17 nous explorons les nouveaux rituels d’une beauté étrange et fascinante, sauvage et animale, composées de fragrances brutes, d’ingrédients « bestials »… annonçant le futur développement des venins, mucus, salives, mais aussi de traitements plus extrêmes, voire sauvages comme avec le feu ou les animaux.

Passée une sensation de dégoût, voire de frayeur, les consommateurs se laissent séduire par le symbole : des produits puissants issus du monde animal presque « primitif », et la promesse d’une expérience extrême à l’intensité décuplée… Mais aussi plus simplement à celle des bénéfices bien réels qu’offrent ces actifs et rituels innovants et naturels.

"En baver" pour rester belle ?

Lancé sur le marché par des marques confidentielles comme Armonia, Babaria ou Jeanne M, la bave d’escargot s’avère être un puissant actif cosmétique. Récemment, le coréen MIZON a développé une crème hydratante contenant plus de 92% d’extrait de bave d’escargot. Réputée pour son efficacité antiâge et sa capacité à rééquilibrer la peau, cette crème est aujourd’hui un best-seller en Asie.

Quand le poison s’avère remède

Après le venin de serpent, utilisé depuis quelques années par des marques comme Expression/line et Skineance, c’est aujourd’hui le venin d’abeille qui a la cote. Il recèle un actif, la mélittine, améliorant la circulation sanguine pour une peau plus lisse et raffermie. L’enseigne londonienne Skin Chemists a lancée en 2014 une gamme associant le venin d’abeilles au miel de Manuka de Nouvelle Zélande.

L’ivresse de l’extrême comme booster curatif.

Dans notre publication FUTUR(s)14, le thème S’EXPRIMER POUR EXISTER, décrypte une nouvelle tendance qui pousse les consommateurs à rechercher des expériences extrêmes et des émotions fortes. Un goût du risque que l’on retrouve dans des pratiques où les éléments (le feu) et la faune (serpent) souvent synonymes de danger, deviennent finalement sources de bienfaits.

Symboles d’une alliance bénéfique entre le sauvage, l’élémentaire et l’humain, ces nouveaux protocoles de soins jouent sur le risque comme « booster » et augmente la sensation d’être bien en vie.

En 2014, le Bali Heritage reflexology & Spa en Indonésie propose des massages avec des pythons. Le contact avec les reptiles provoque une montée d’adrénaline qui renforce l’efficacité du soin.

Thérapies de choc au service du bien être

Plus élémentaire et extrême, la cryothérapie (quelques secondes d’exposition à un froid intense entre -120 et 160°C) est un mode de soin qui se répand, notamment dans le monde sportif et les Spa spécialisés.

En Asie, c’est au contraire la thérapie par le feu qui émerge. Ce rituel de beauté consiste à imbiber des tissus d’alcool pour les poser sur des points d’acuponcture, puis d’y mettre le feu. Lié à la tradition chinoise, il vise à apaiser le corps et l’esprit en maintenant un équilibre corporel entre le chaud et le froid…

Toujours en attente d’inédit et de plus en plus attirés par des ingrédients directement issus de la nature ou des soins élémentaires, les consommateurs sont aujourd’hui séduits par des produits et rituels qui élèvent l’insolite et l’extrême au rang d’expérience cosmétique bénéfique.
Et l’inspiration ne manque pas : en 2015, l’annonce d’un nouveau brevet américain sur le venin de reine d’abeilles, riche en mélittine et en anti biotique devrait générer des développements prometteurs. De récentes investigations scientifiques portent aussi sur la salive de sangsues, riche en enzymes bénéfiques pour la peau…

A suivre !