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Singularities

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Sep 22, 2016Julie Dao Duy

Par Marie Douchet

Après les nombreux départs qui agitent ces derniers mois la fashion sphère, il est intéressant de se pencher sur les marques qui ont su percer au sein de l’industrie de la mode.

Dans une société hyper médiatisée où tout est question d’image, ils incarnent cette nouvelle génération de designers dont le travail de conception est primordial. Distillant une nouvelle vision associée à une approche novatrice et plus contemporaine, ces marques réinventent les codes en imaginant des pièces conçues pour être portées dans la rue.

De Y/Project, à Sies Marjan, en passant par Faustine Steinmetz, focus sur ces nouveaux talents à suivre de près.

Y/PROJECT, architectural underground

Y/Project et son créateur Glenn Martens font déjà beaucoup parler d’eux depuis plusieurs saisons, en défilant pendant la fashion week parisienne.

La griffe est à l’image de la génération des trentenaires : enthousiaste, moins intéressée par la réussite que par la liberté et ouverte à toutes les influences.

Depuis 2013, s’emparant des classiques du streetwear autant que du tailoring, la marque surfe sur la tendance du transgenre.

Chez Y/Project, le vêtement est envisagé comme une construction, il évolue et mute. Les pièces et volumes s’adaptent autant pour l’homme que pour la femme. Les silhouettes, contemporaines et postmodernes, mixent références au gothique et à la peinture flamande, inspirations underground des années 90 ou esthétique trash.

www.yproject.fr

VEJAS, autodidacte idéaliste

Vejas est la sensation mode du moment, fondée par le prodige canadien de 19 ans Vejas Kruszewski, grand vainqueur du prix spécial LVMH 2016.

La jeune griffe aborde la mode urbaine avec un regard frais et des coupes étrangement belles.

Son approche sophistiquée et urbaine doublée d’une esthétique qui flirte avec les frontières du genre revisite l’usage traditionnel du tissu et la construction du vêtement de manière inattendue.

Entre textures ultra tactiles, pièces essentielles ou construction-déconstruction, les pièces semblent transposer les techniques de coupes et de montage pour un résultat final suffisamment étrange pour être cool.

Ancré dans un futur proche, son style est à la fois familier, alien et fonctionnel. Vejas propose des silhouettes aux coupes et constructions étonnantes, imaginant une mode au luxe alternatif.

www.vejaskruszewski.com

SIES MARJAN, beauty loose

Tailoring aguicheur, robes néon, imprimés fleuris et couleurs franches, sleepwear électrique ou silhouettes monochromes… Sies Marjan fait sensation depuis deux saisons à New York.

Avec une allure ultra cool associant confort et féminité, haute couture et prêt-à-porter, la marque est résolument tournée vers le vêtement. Chaque coupe épouse la forme du corps et les mouvements.

Diplômé de la Saint Martins School, Sander Lak fait ses classes chez Marc Jacobs et Balmain, puis intègre la maison Dries Van Noten en tant que Head of design.

Six mois, c’est le temps qu’il aura fallu au créateur d’origine hollandaise pour conquérir la fashion sphère en collaborant avec Lotta Volkova.

Couleur, nonchalance, simplicité, élégance, le duo imagine une féminité moderne incarnée.

www.siesmarjan.com

ALYX, « too cool for school »

Agrafes, ceintures de sécurité, zips, piercings, sangles de bondage, tenues de biker unisexes ultra colorées, pulls aux inscriptions « Fuck you » provocatrices : la parfaite recette d’une identité forte, assumée, résolument dark aux accents érotiques.

Inspiré de l’adolescence, du skateboard et du punk, le créateur californien Matthew M. Williams secoue la planète mode avec ses lookbooks à la mise en scène trash et travaillée, depuis deux saisons.

Cet ancien directeur créatif dans l’industrie musicale a été éjecté de la Parsons avant de collaborer avec Kanye West et Alexander McQueen.

Finaliste du LVMH Prize 2016, il imagine une silhouette à la fois authentique et moderne, voguant entre urban subcultures et tailoring traditionnel. Il a imaginé sa toute dernière collection en collaboration avec l’entreprise familiale italienne Spidi, spécialisée dans les vêtements d’équipements moto.

www.alyxstudio.com

AALTO, la culture nordique

Après des débuts chez Givenchy et Louis Vuitton, Tuomas Merikoski décide de créer le label Aalto en 2014. Initialement proche du monde de la musique, le finaliste du prix LVMH 2016 n’hésite pas, aujourd’hui encore, à y puiser son inspiration pour élaborer ses collections.

Cette griffe d’origine finlandaise, basée à Paris, est également influencée par la culture scandinave. Aalto, qui signifie vague en finnois, allie underground nordique et cool parisien en proposant un vestiaire moderne aux silhouettes très directes, voire architecturales, qui reflète ce côté portable et fonctionnel très présent en Scandinavie.

Mixant classiques indémodables et références urbaines, Aalto joue avec les codes du masculin/féminin à partir d’une base sophistiquée, à l’esthétique forte.

www.aaltointernational.com

ATLEIN, body conscious essentiel

Antonin Tron, diplômé de l’Académie Royale d’Anvers, a fait ses marques chez Louis Vuitton, Balenciaga et Givenchy, avant de fonder son propre label, auréolé du prix des premières collections de l’édition 2016 de l’Andam.

Résultat, une première collection pour femme entièrement made in France, confortable et facile à vivre, qui va à l’essentiel. Top en maille, jupe patineuse à godets ou robe du soir aux constructions élaborées et minimales soulignant le corps façon body conscious, Atlein étonne par sa capacité à réinventer un vestiaire complet, athlétique et dynamique, à partir d’une seule matière : le jersey, dont il révèle toute la polyvalence.

www.atlein.com

FAUSTINE STEINMETZ, le concept à l’état brut

En l’espace de trois saisons, Faustine Steinmetz a réussi à redéfinir la silhouette féminine en utilisant du denim vintage recyclé à partir de basiques chinés en fripes.

Découpé, effiloché, teint, décousu, reconstruit… Tout est fait à la main. La matière est entièrement transformée et retravaillée, lui donnant un aspect craft.

L’expérimentation textile crée une allure chaotique, illustrant les techniques artisanales, chères à la marque. Ici, tout part de la matière. Pour la collection été 2017, la marque est présentée sous forme d’art conceptuel.

Créatrice française engagée en faveur de l’écologie, Faustine Steinmetz a étudié à la Central Saint Martins, à Londres, où elle vit depuis sept ans. Selon elle, il est nécessaire de transformer notre façon de consommer – acheter moins et mieux – afin de réduire notre impact sur l’environnement.

Faustine Steinmetz place l’humain au cœur de son travail en utilisant des techniques de tissage traditionnelles ou en faisant appel des artisans du Burkina Faso notamment pour son travail de teinture indigo.

www.faustinesteinmetz.com

GROUND ZERO, kawaï post-soviet’

En seulement deux saisons, Ground Zero est devenu le nouvel OVNI mode, présenté lors de la Fashion Week de New York. Ici, la destruction fait naître une ligne mutante et non identifiée.

La griffe hongkongaise créée en 2003 par les frères Eric et Philip Chu s’inspire de l’univers du sport et de la vitesse. Adoptant un vestiaire aux lignes grunge et masculines, aux coupes déstructurées, dotées de touches sportives et schizophréniques, la femme Ground Zero est une fashionista post punk furax des années 90’s.

Entre Asie et Pays de l’est, cette énergie est devenue une signature identifiable de la marque, mixant culture rave et féminité punky oubliée.