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Singularities

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Feb 22, 2017Julie Dao Duy

Par Elen Pouhaër

Alors que le loungewear et l’underwear continuent à envahir le vestiaire de jour et les catwalks de Paris à New York, de plus en plus de marques réinventent le secteur de la lingerie en s’inspirant du prêt-à-porter.

Mix & match

Corset, brassière, shirting raccourci, bustier, nuisette et caraco sont omniprésents sur les défilés SS17 et FW17-18. Chez Christopher Kane, Burberry, Jill Stuart, Calvin Klein ou Mulberry, les matières vaporeuses et ultra légères – dentelles, voiles, mousseline, tulle, résilles ou même PVC – découvrent les corps, affichant culotte haute, soutien-gorge ou brassière pour une allure sensuelle affirmée.

Chez Alexander Wang ou Adam Selman, les dessous se portent dessus, sur une chemise, une robe ou un t-shirt tandis que chez J.W.Anderson, un perfecto ultra-court devient brassière et un soutien-gorge en dentelle jaune canari se transforme en débardeur.

Pour le printemps-été 2018, une nouvelle forme de tops hybrides semble s’imposer. Ces pièces d’un nouveau genre, qui soulignent la taille et le buste, peuplent les pages de nos cahiers Mode Femme et Maille SS18.

Pour Elisabeth Prat, directrice de la mode chez Peclers, « t-shirt et débardeur s’accompagnent d’une nouvelle forme de lingerie alternative à porter en ville. Les tops raccourcis sont les nouvelles pièces fétiches et les matières fluides sont à l’honneur : tops en jersey seconde peau, brassières ergonomiques ou bodys en lycra inspiré des années 80… Aux frontières de la lingerie et du t-shirt, ces pièces à la fois simples et très féminines sont désormais sur le devant de la scène après des saisons mettant à l’honneur la chemise d’homme. Même les nouveaux modèles de chemises, entre bustier et top, sont plus étroits, affinant la silhouette ».

Lingerie nouvelle génération

En parallèle, l’explosion de l’athleisure et l’évolution des modes de consommation des nouvelles générations ont donné naissance à de nouvelles marques de lingerie qui mixent sous-vêtements et sportswear, s’inspirent de la mode et enrichissent leur univers en multipliant les collaborations arty.

En France, le marché de la lingerie s’est élevé à 3,55 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2016. Ce sont les femmes de 15 à 24 ans qui dépensent le plus, avec un budget moyen de 192 €. Depuis 2013, celles-ci ont ainsi augmenté leur budget lingerie de 42% (source IFM).

Dessù place le partage et la collaboration au cœur de son identité. Se décrivant comme un « hub » créatif, la griffe multiplie les collaborations avec artistes, graphistes ou stylistes, comme Corentine Baras de la marque Cocktail Editions ou l’illustratrice Hélène Georget.

Une approche similaire pour Breakfast Club, la nouvelle marque de culottes en coton bio made in France imaginée par Amandine Romero, ancienne du label de musique électronique Ed Banger Records. La créatrice, qui puise son inspiration dans l’esthétique des années 70 de David Bowie à Françoise Hardy, a invité So-Me pour dessiner le logo de sa griffe mais aussi des artistes tels que Jean André pour réaliser une série d’illustrations.

Empowerment

Alors qu’un vent de féminisme s’est emparé de la fashion sphère, certaines marques de lingerie réinventent le sexy en menant une réflexion autour de l’identité et du corps, à l’image de Breakfast Club qui revendique les mouvements #nobra et #freethenipple au cœur de son ADN.

Pionnière en la matière, Lonely, fondée en 2009 par Helene Morris et Steve Ferguson. La célèbre marque de sous-vêtements néo-zélandaise qui communique principalement sur les réseaux sociaux met à l’honneur la diversité des corps féminins en publiant des photos sans fard ni retouche. Privilégiant l’authenticité et la spontanéité, le hashtag #lonelygirlsproject encourage toutes les femmes à se prendre en photo en sous-vêtements.

D’autres marques telles que Pansy, Base Range ou Marieyat vont plus loin en questionnant la notion de genre. Mixant les codes de la lingerie, du sportswear et de l’unisexe, celles-ci mettent en avant confort, durabilité et glamour, avec des collections minimalistes qui s’accompagnent de campagnes ancrées dans le quotidien. Adoptant une esthétique amateur, jouant sur les codes de la sphère privée, rondeurs, cellulite, vergeture et pilosité s’affichent sans complexes, à l’image des clichés nofilter hyperréalistes qui peuplent désormais les réseaux sociaux.