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Singularities

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Sep 18, 2018Julie Dao Duy

Mercredi 12 septembre s’est achevée une saison new yorkaise teintée de réalisme et d’optimisme ! La Big Apple remonte la pente après quelques années en demi-teinte. De grands créateurs signent leur retour sur les podiums de New York, comme Proenza Schouler, qui les avaient boudés pour la prestigieuse Fashion Week de Paris. Colorés, enthousiastes, prônant la diversité des corps et portés par leur « communauté », qu’elle soit arty ou familiale, les défilés affichent une certaine joie de vivre, malgré un contexte latent de tension politique. Au plus proche des femmes et de leur quotidien, les collections présentées ont su conjuguer simplicité et prestige, et ainsi marquer un tournant. En célébrant la vie, la vraie, elles s’inscrivent aussi dans la recherche d’une mode durable et responsable.

NORMAL

« We want clothes to be fashion, but also to be more real » affirmaient à la sortie du défilé Lazaro Hernandez et Jack McCollough, les deux directeurs artistiques de la célèbre griffe américaine Proenza Schouler. Et d’ajouter : « Nous avons vu des créateurs tomber dans le piège de la technique et de la sophistication et perdre toute connexion avec leur public, les femmes. C’est ce que nous souhaitons éviter ». Et qui dit « vrai » dit matières humbles, comme le denim ou encore le sergé de coton.

Une approche du portable et du normal qui s’affiche aussi comme un mantra pour Telfar qui a intitulé sa collection « Not for You, For Everyone ». Une vision partagée également par Claudia Li, Matthew Adams Dolan, Tibi et Sies Marjan. Du côté des décors et mises en scène, le luxe et l’apparat laissent place à plus d’ambiances indus’ désaffectées, pour plus de sobriété et un retour à la normalité, avec en tête les défilés de Telfar, Wang ou Eckhaus Latta.

PUDEUR/IMPUDEUR

Deux extrêmes semblent coexister sur les podiums de New York. D’un côté le corps se montre en toute impudeur et dans toute sa diversité, dévoilant seins dénudés, peaux, pièces de lingerie sexy, imperfections, transsexualité… De l’autre, les créateurs accumulent les couches, couvrant avec précaution chaque partie du corps. À ce jeu du caché-dévoilé, qui exacerbe la notion de féminité, on peut citer Alexander Wang, Phillip Lim, Dion Lee, The Row ou encore Matthew Adams Dolan.

PLEIN LES YEUX

Les défilés new yorkais ont mis en scène des couleurs vives, très « bold » pour un effet tonique et show-off. Couleurs néons et fluo, matières attrape-lumière tout en reflets (beaucoup de plastiques et métalliques), imprimés en all-over de la tête aux pieds…tout est fait pour en mettre plein la vue sur les défilés de Tibi, Michael Kors et Marc Jacobs.

SINGULIER

Les femmes affirment leur singularité, avec les moyens du bord, réutilisant les matières, sublimant les pièces vintage et découpes en tout genre. Un esprit grunge mais aussi DIY, qui défend la vision d’une mode « upcyclée », insolente et créative, chez Eckhaus Latta, Lou Dallas Monse, Parsons, R13, Maryam Nassir Zadeh ou encore Milly.