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Singularities

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Nov 23, 2016Julie Dao Duy

Du 10 au 13 novembre 2016, Paris Photo soufflait ses 20 bougies sous la verrière du Grand Palais, avec plus de 150 galeries mettant à l’honneur artistes phares ou talents émergents, ainsi qu’une trentaine d’éditeurs et de libraires.

Elisabeth Prat, directrice de la mode chez Peclers, a arpenté les allées de ce rendez-vous incontournable de la photographie pour nous livrer son regard sur les grandes tendances d’une édition tournée vers l’humain et le corps, lieu de désir, de revendication et de questionnements autour de la féminité, de l’identité ou du genre.

 

Créatures

Explorant l’univers de la mode chacun à leur manière, ces photographes jouent avec les codes ou les traditions, mélangent les références, et imaginent une galerie de personnages étranges, énigmatiques ou excentriques.
Effacés, cachés ou masqués, les visages sont généralement absents de ces portraits, des collages surréalistes de la photographe nippone Toshiko Okanoue aux clichés de Jory Hull mettant à l’honneur les transformations effectuées sur les affiches publicitaires du métro new-yorkais, en passant par la figure hybride imaginée par l’artiste chypriote Maria Loizidou ou les auto-portraits de la photographe autrichienne Birgit Jürgenssen, parée de masques d’animaux, qui questionnent la représentation de la féminité.

Quant au photographe américain Roe Ethridge dont le travail est directement tiré de son expérience, il explore les contradictions du luxe, entre superficiel et essentiel tandis que Stephanie Syjuco revisite le portrait ethnographique avec des vêtements issus du mass market : Forever21, H & M, American Apparel ou Urban Outfitters.

Rock’n’roll

Subcultures, outsiders, rebelles et scènes underground sont à l’honneur sous l’objectif de Josef Koudelka, Danny Lyon et Philippe Chancel qui immortalise des artistes tels que Brian Setzer, des Stray Cats, et les soirées Grand Boulevard vibrant au son du rockab et du hip hop dans les années 80.

Les photographes Leon Levinstein, Tom Wood et Al Vandenberg (connu pour son travail sur la couverture du légendaire Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles), nous offrent une plongée dans les ruelles de Londres et New-York tandis que Gérard Malanga nous embarque au cœur de la Factory.
C’est en 1963 qu’un certain Charles Henri Ford présente le jeune Gérard Malanga à Andy Warhol. Ils réalisent ensemble de nombreuses œuvres majeures du Pop Art. Après son départ de la Factory en 1970, l’artiste continue à photographier les représentants du monde littéraire, artistique et musical comme Robert Mapplethorpe.

Effrontés

Une vision de l’enfance loin des clichés, dans des scènes de la vie quotidienne pour mieux questionner nos sociétés contemporaines, à l’image des œuvres d’Arlene Gottfried, Tomasz Gudzowaty, Mathieu Pernot ou Judith Joy Ross, mettant à l’honneur des étudiants de l’école qu’elle a elle-même fréquentée en Pennsylvanie. LaToya Ruby Frazier s’intéresse également à sa ville natale, Braddock, en Pennsylvanie, banlieue ouvrière où était présente une importante aciérie. Elle photographie ses proches et réalise une série d’auto-portraits qui deviennent ainsi les témoins de la crise économique.

D’autres artistes engagés capturent le regard d’enfants marqués par la dureté des pays dans lesquels ils vivent, à l’image de la photographe espagnole Cristina de Middle avec sa série intitulée « This is what hatred did », inspirée du livre de l’écrivain nigérian Amos Tutuola, « My Life in the Bush of Ghosts”.

Né en 1976 à Johannesburg, Pieter Hugo réalise des portraits d’enfants nés après 1994 en Afrique du Sud et au Rwanda. C’est cette même année qu’a eu lieu la première élection démocratique en Afrique du Sud après 46 ans d’Apartheid. Cette date marque également la fin du Génocide au Rwanda.

 

 

Bel été

Sous le soleil exactement, des oeuvres sensuelles, graphiques ou avant-gardistes dévoilent les corps, dans des jeux d’ombre et de lumière.

On retrouve l’une des pionnières de la photographie moderne de mode, Louise Dahl-Wolfe, qui a notamment collaboré aux magazines Vogue et Harper’s Bazaar pendant plus de 20 ans, ou Pierre Boucher, qui imagine des nus surréalistes inspirés par Man Ray. Loin des stéréotypes et de l’imagerie glamour de Los Angeles, les clichés signés Anthony Hernandez nous montrent quant à eux le quotidien de la working-class américaine.
Rendez-vous en Provence, au bord de la piscine designée par Alain Capeilleres. Cette photo datant de 1976, réalisée par Martine Franck, est le reflet de son œuvre marquée par la géométrie, les courbes et les lignes. Membre de l’agence Magnum à partir de 1983, la photographe belge reste fidèle au hasard de l’objectif tout comme son époux Henri Cartier-Bresson.

Changement de décor avec The Family Acid. Ces clichés de voyages familiaux en Californie nous emmènent à la rencontre des beatniks de San Francisco, du LSD et des plages de Big Sur. Acteur, écrivain, producteur et photographe, Roger Steffens documente son quotidien californien au cœur de la contre-culture américaine des années 60 et 70.