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Aug 23, 2016

Par Julie Dao Duy

Découvrez qui se cache derrière le duo photographique bruxellois We Are Oskar*. Récemment appelés par la Maison Dior pour réaliser les portraits de deux « nez » à Grasse, Thi Thi et Arnaud parlent ici de leur parcours, leurs inspirations et des projets photographiques qu’ils mènent à deux : Thi Thi est directrice artistique, garante du styling et de la mise en scène, Arnaud opère en tant que photographe. Deux univers artistiques réunis avec brio.

*Only Strong Know-How Are Real

Qu’est ce qui vous a amené à la photographie ?

Arnaud:

J’aime la photographie depuis que je suis enfant. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est ce mélange entre la magie technique et la spontanéité d’un souvenir.

Thi-Thi:

J’ai toujours été attirée par le “visuel”. Après des études de journalisme, j’ai travaillé dans la publicité pendant 12 ans (en tant que copywriter / creative planner), mais je savais que l’image m’attirait plus que tout. C’est en rencontrant Arnaud que j’ai pu m’orienter vers ce qui, au final, a peut-être toujours été ma passion sans que j’ose me l’avouer: la réalisation créative d’une image.

Quel(s) projet(s) sur le(s)quel(s) vous avez travaillé vous ont le plus marqué ?

Thi-Thi:

Tous nos projets nous ont marqués d’une manière ou d’une autre. C’est à chaque fois une rencontre avec une personnalité et la découverte d’un nouvel univers pour nous. Je pense notamment au travail avec Opening Ceremony X Thierry Boutemy.

Opening Ceremony nous avait contacté à la demande de Thierry Boutemy pour réaliser le shooting des réalisations florales que Thierry avait créées pour la marque. Ces compositions sur des plaques de mousse d’1m sur 1m ont servi de prints pour une collection spéciale de vêtements et accessoires.

Il s’agissait de notre première expérience dans l’univers artistique de fleuristes talentueux comme Thierry.  Ce projet nous a permis de découvrir à quel point on peut être inventif et créatif avec des plantes, bien avant tout cet engouement “photographique” pour le végétal. C’était d’ailleurs aussi très motivant pour nous de travailler sur un projet où chacun peut partager son savoir-faire.

Parmi nos derniers projets, nous avons eu carte blanche afin de réaliser une série de portraits (un peu décalés) de deux célèbres nez à Grasse dans un endroit de rêve. C’était le job idéal! Une liberté créative totale dans un cadre idyllique.

Où puisez-vous l’inspiration pour un photo-shoot ?

Dans la vie au quotidien, en allant voir des expos, en regardant un film, en lisant un magazine ou un livre, sur Internet… Et surtout lors de nos déplacements pour les repérages ou lors de nos voyages !

De manière assez étrange, nous avons récemment redécouvert un artiste belge, Magritte, que nous aimons depuis longtemps sans forcément tout connaître sur le personnage et son oeuvre.

Cette redécouverte a eu lieu lors de la présentation d’une collection capsule d’une marque de montres belges, largement inspirée des plus grandes oeuvres de l’artiste.

Les gens cherchent toujours à trouver des symboles et un sens caché derrière les oeuvres de Magritte. Or, il défendait ardemment l’idée que dans son travail, il n’y en avait justement aucun.

Tous les éléments récurrents de ses oeuvres (pomme, pipe, colombe, escaliers etc), qui nous paraissent de prime abord étranges, ne représentent finalement que des objets qu’il avait pour habitude de voir depuis son enfance et qui faisaient tout simplement partie de sa vie quotidienne.

Ce qui nous semble fantastique avec le travail de Magritte, c’est qu’en sortant ces objets de leur contexte habituel, il a réussi à donner une importance, une intensité incroyable à des éléments qu’on ne regarde plus. C’est ce que nous nous amusons également à faire, sortir des objets de leur contexte et les disposer de façon spécifique dans nos compositions de natures mortes, portraits ou autres séries, sans pour autant chercher un symbolisme ou une conceptualisation particulière.

Si vous deviez citer un photographe aujourd’hui, lequel choisiriez-vous ? Une série mode que vous avez adoré?

Thi-Thi:

Certainement QUENTIN SHIH. Il est à la photo ce qu’est Wong Kar Wai au cinéma (Wong Kar Wai a d’ailleurs aussi débuté en tant que photographe).

Tout comme WKW, Quentin Shih nous transporte dans son univers à la fois varié et très esthétique (imagerie de la révolte chinoise, récits épiques, société urbaine, monde futuriste, sans oublier ses projets plus artistiques et conceptuels), mais toujours avec une image très léchée, mystérieuse et interpellante. Il parvient toujours à raconter une histoire intrigante à travers une photo, je trouve cela magique!

La série mode qu’il a shootée pour Vogue en 2010 m’a marquée: A Fashion Revolution.

Arnaud:

Le dernier photographe que j’ai découvert est WANG NINGDE. J’aime beaucoup son travail. Je n’avais jamais vu quelque chose de semblable avant. C’est une nouvelle application de la photographie qui remet la lumière en avant mais aussi la scénographie. Il imagine des morceaux de plexiglas imprimés puis placés à 90 degrés sur le mur, les uns à côté des autres, et qui fonctionnent comme des diapositives, créant/dévoilant ainsi des images sur le mur par la lumière qui passe à travers ces carrés.

La série que je préfère est Form of Light.

Vous avez récemment tiré le portrait de deux « nez », très connus dans le milieu: François Demachy et Jacques Cavallier-Belletrud. L’olfaction est un sens dont on parle de plus en plus. Ca vous évoque quoi ?

Arnaud:

Forcément pour nous, la vue et l’image passent avant tout. Mais l’éphémérité des parfums nous interpelle car elle crée un grand contraste avec l’immuabilité des images fixes qui viennent à nous chaque jour. On parle en effet de plus en plus de l’olfaction parce qu’il y a sans doute une certaine forme de retour aux sources actuellement et que le parfum a été beaucoup vulgarisé par le passé. Aujourd’hui, il retrouve ses lettres de noblesse.

http://www.weareoskar.com