Creating
Future

Future
Singularities

  • Partager sur
Dec 12, 2017Julie Dao Duy

Lors d’une conférence à l’espace de coworking The Bureau le 28 novembre, Emma Fric, Directrice de la Recherche et Prospective, a dévoilé en exclusivité quelques-unes des grandes thématiques développées dans le nouveau cahier Futur(s) 17.

Comme chaque année, l’équipe a choisi une baseline, fil rouge du cahier : « Sortir de la zone de confort ». Les trois grandes thématiques présentées ici (sur les huit développées dans le cahier) gravitent autour de cette quête : l’« identité dynamique », l’« utopie pragmatique » et le désir d’aller « vers des cosmologies alien ».

IDENTITÉ DYNAMIQUE

Nos « identités plurielles » (développées dans Futur(s) 16 ) s’émancipent de toute forme de contrôle. Elles laissent libre cours aux désirs et aux instincts. Les jeunes générations ont besoin de s’extraire d’une forme de performance identitaire et évoluent vers plus de lâcher prise.

Ce lâcher-prise identitaire s’exprime notamment par un attrait pour la « body neutrality ». En effet, au lieu de chercher à tout prix la body positivity, les individus valorisent de plus en plus un rapport neutre avec leur corps. Ils embrassent une « neutralité d’être ». L’indulgence envers soi est de mise.

Cette identité dynamique passe également par plus d’expérimentation. Vivre ses désirs, suivre ses pulsions : le documentaire « Morgana », de Josie Hess et Isabel Peppard, nous entraîne dans la vie d’une Australienne de 50 ans, fraichement divorcée, et qui décide de vivre ses fantasmes. Il n’est jamais trop tard pour découvrir sa sexualité, il n’y a pas d’âge pour se libérer. Ce documentaire s’émancipe aussi des codes esthétiques et d’une quête perpétuelle de perfection.

Morgana Documentary – ‘First Look’ Teaser #2 from House of Gary on Vimeo.

Enfin, l’identité dynamique redéfinit une nouvelle forme de masculinité. Les individus s’affranchissent d’une vision toxique de la masculinité et cherchent à embrasser le dialogue avec la féminité. Le travail de la photographe Française, Scarlett Coten, témoigne de cette évolution des mœurs. Elle est partie à la rencontre de jeunes hommes en Afrique du Nord qui redéfinissent l’identité masculine (ni terroristes, ni macho et qui reconnaissent leur part de féminité).

UTOPIE PRAGMATIQUE

Si les secteurs socio-économiques souffrent encore trop souvent d’une organisation fragmentée, où le silotage conduit à l’impasse, de nouvelles formes de collaborations voient le jour. Le design thinking expérimental et l’innovation, insufflés par les petites structures, inspirent les institutions et les communautés, dessinant une nouvelle esthétique de la consommation. Elles imaginent une nouvelle façon de créer de la valeur, par le mélange des expertises et la culture du lab expérimental.

L’ Agence danoise Big Architectes en est l’un des nombreux exemples. Elle a gagné le prix Civic Trust Award 2017 avec le Serpentine Pavillon présenté à Londres. Leur équipe se compose d’experts dans des domaines très variés, collaborant ensemble pour réinventer de nouvelles architectures et de nouvelles esthétiques, tout en réduisant l’impact environnemental de leurs projets. Ensemble, ils concrétisent leurs rêves.

Autre valeur clé, la confiance (déjà exprimée elle aussi dans Futur(s) 16) doit renaître entre les marques, les institutions et les individus. Ainsi, des projets non-lucratifs cherchent à restaurer cette notion, travaillant notamment sur la culture de l’anticipation. C’est le cas de la Fondation Lafayette Anticipation qui ouvrira ses portes au Printemps prochain. Le but ? Aider les artistes, scientifiques, designers et penseurs à anticiper le monde demain en les réunissant dans un lieu ouvert à tous et gratuit, qui présentera le meilleur de la création contemporaine, au sens large (culture, science, philo, arts appliqués, musique…)

 

Lafayette Anticipations : Ouverture le 10 mars 2018 avec Lutz Bacher from Lafayette Anticipations on Vimeo.

Enfin, la consommation peut favoriser la communion, grâce à l’initiative de grandes marques, comme Apple, qui redonne un coup de jeune à ses boutiques, avec les « town square ». Conçus comme un lieu de rencontre et ayant pour but de créer une communauté, ces nouveaux magasins proposeront des concerts, des ateliers, des cours gratuits de coding…Apple décide ainsi de les ré-inscrire dans la ville, d’en faire un projet presque « citoyen »… Ces initiatives sonnent le glas des shopping mall, dont la mort prochaine est d’ores et déjà annoncée.

VERS DES COSMOLOGIES ALIEN

Enfin, les imaginaires du cosmos ne cessent de se renouveler. On repousse toujours plus loin les limites connues de notre existence. D’ailleurs, la place croissante de l’espace dans les médias aujourd’hui est symptomatique d’un intérêt nouveau pour l’univers et son imaginaire. L’Agence Spatiale Européenne réfléchit d’ailleurs déjà à coloniser la Lune, avec son projet, « Un village sur la Lune » qui réunit chercheurs et designers autour d’un rêve commun, agrandissant ainsi le territoire des possibles.

Mais l’alien, ou plutôt l’« autre », est déjà très présent dans la société : les robots prennent une place croissante dans notre quotidien. En Arabie Saoudite, un robot humanoïde, Sophia, vient d’obtenir la nationalité saoudienne. L’événement s’est déroulé à l’occasion de la conférence « Future Investment Initiative », qui se tenait à Riyad. Créé par David Hanson, ce robot a pris la parole pour remercier l’Arabie Saoudite qui devient le premier pays à offrir cette « distinction unique et historique » à une intelligence artificielle.

Cette nouvelle intervient au moment où en Suède a été créée la première convention collective pour les intelligences artificielles, questionnant ainsi la question de la responsabilité civile des machines.

Un statut, mais aussi tout un spectre d’émotions : alors que Richard Yonck explore la richesse des profils émotionnels et psychologiques des AI dans son livre « Heart of the machine », le chorégraphe Eric Minh Cuong Castaing, en étroite collaboration avec les danseurs Ana Pi et Gaétan Brun Picard, met en scène 2 danseurs, 7 robots et un groupe d’enfants. « School of moon » est la métaphore magique et poétique d’une post-humanité en éveil.

SAVE THE DATE 

Rendez-vous fin janvier 2018 pour assister à l’une de nos nouvelles conférences Futur(s) !

En attendant, le cahier est à découvrir en intégralité sur Peclers(+).