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Singularities

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Nov 16, 2016

De la série The Young Pope mettant en scène Jude Law en jeune pape rock’n’roll aux œuvres pop de Kehinde Wiley en passant par le vestiaire masculin de la nouvelle collection Balenciaga imaginée par Demna Gvasalia, créateurs, artistes ou réalisateurs revisitent le Sacré, bousculant les conventions pour mieux questionner notre monde contemporain.

La toute première série du cinéaste italien Paolo Sorrentino, fidèle à son esthétique et son imaginaire baroque, dresse le portrait de Pie XIII, un souverain pontife avide de pouvoir et machiavélique, contradictoire et ambigu. Beau comme un dieu, le jeune pape ultra-conservateur fume comme un pompier et boit du cherry coke au petit-déjeuner.

Et si un Pape décidait de s’aider d’une Intelligence Artificielle pour prêcher la parole divine sur internet ?
Pour promouvoir la série sur les réseaux sociaux, la plateforme « Aimen » imaginée par l’agence BETC analyse les messages postés sur Facebook, Twitter, Youtube ou Dailymotion et répond aux internautes par un verset de la Bible. Toutes les réponses sont publiées par Watson, l’intelligence artificielle créée par IBM. Depuis son lancement, Aimen a appris 39 102 Versets de la Bible et publié pas moins de 884 890 réponses ! The Young Pope annonce la couleur dès son générique en faisant apparaître La Nona Ora, représentant Jean-Paul II percuté par une météorite, l’une des oeuvres emblématiques de l’artiste italien Maurizio Cattelan exposée en ce moment dans les salons de la Monnaie de Paris à l’occasion de la rétrospective Not Afraid of Love.

Au Petit Palais, jusqu’au 15 janvier 2017, a également lieu « Lamentation », la première exposition personnelle en France de l’artiste afro-américain Kehinde Wiley, mixant iconographie religieuse et street culture. S’inspirant des maîtres de la peinture classique, il réalise des portraits colorés de modèles afro-américains anonymes rencontrés dans les rues de Harlem. Ses vitraux et peintures monumentales font référence au Christ et à la figure de la Vierge, en transposant les scènes de la bible dans l’Amérique d’aujourd’hui.

Jouant également la carte du contraste, Le premier défilé homme de Balenciaga, sous la direction artistique de Demna Gvasalia, affichait une collection entre tradition et modernité, revisitant les codes du tailoring.

Sur la terrasse du Lycée jésuite Saint Louis de Gonzague fondé en 1894 dans le 16ᵉ arrondissement parisien, les modèles aux looks de cool kids arboraient un vestiaire aux carrures oversize. Les épaules XXL contrastent avec les tailles marquées et les vestes cintrées, tandis que des pulls ultra moulants sont associés à des pantalons larges. En hommage à Cristobal Balenciaga, le premier défilé homme depuis la naissance de la maison en 1917 s’inspire largement de la religion catholique avec une série de costumes dont la soie a été tissée par le fournisseur du Vatican. Les références ecclésiastiques se retrouvent jusque dans la palette de couleurs: soies rouges de cardinaux, violet intense inspiré du Pape ou écharpe cérémoniale concluant le show.

Changement de décor à Londres, avec la nouvelle collection Ashish qui s’inspire de l’hindouisme en célébrant un mariage indien ultra coloré sur fond de sitar tandis que la créatrice Simone Rocha présentait, à la Southwark Cathedral, un vestiaire composé de looks aux allures de robe de communion d’un blanc immaculé associées à des bottes de ferme à talons plexi et des cirés brodés de marguerites. Inspirée par l’art victorien et les clichés de l’artiste anglo-américain Jackie Nickerson, la créatrice d’origine irlandaise mixe avec brio vestiaire poétique et fonctionnel.

 

Quant à Shangguan Zhe, le finaliste du Prix LVMH 2015 présentait la nouvelle collection de son label Sankuanz, réalisée en collaboration avec l’artiste Xu Zhen. Le créateur chinois a imaginé un vestiaire masculin futuriste et provoc’ inspiré par le cosmos et la street culture, explorant le concept de “Religion Cosmologique” et les relations entre science et religion.