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Singularities

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Sep 05, 2014Julie Dao Duy

La tendance ethnique, incontournable des collections été, peine parfois à se renouveler ou à surprendre. Mais l’exposition Tiki Pop au Quai Branly, qui retrace l’appropriation de la culture polynésienne par la culture populaire américaine des années 50 et 60, est l’occasion de repenser une version plus naïve, plus décontractée et plus kitsch de l’exotisme culturel.

Naissance Socio-Culturelle

Après la seconde Guerre mondiale, dans les années 1950, l’Américain de classe moyenne ne manquait de rien, mais la rigoureuse morale du travail engendrait aussi le besoin de décompresser. En quête d’exutoires, les Américains se réfugièrent dans l’antithèse du monde moderne : le fantasme de la vie insouciante des Mers du Sud. Un fantasme qui durera jusqu’à la fin des années 60, et dont les imaginaires puisèrent jusque dans les récits de voyages de Bougainville, de Cook, et des romans comme Moby Dick ou Le mariage de Loti.

Le Tiki Lifestyle

Sculpture largement détournée, le « Tiki » est à l’origine un personnage mythique, ancêtre mi-homme mi-dieu qui engendra les humains. Et avec lui, d’autre représentations de la culture polynésiennes seront réappropriés : la Vahiné et sa sensualité dénudée, l’architecture des huttes, la fleur d’hibiscus, les cocktails traditionnels et les matières comme la bambou, la natte, le raphia… Autant d’attributs du style polynésiens qui, mixés à la culture populaire américaine de l’époque (pin-up, rock’n’roll, soap opera et sodas), offrirent un fabuleux mélange kitch et fantaisiste : du restaurant façon hutte polynésienne au jeu de société dans les îles, en passant par la lampe totem, la sous-culture Tiki pop s’infiltrait partout.

A tel point que Disney, emblème de la culture populaire américaine, ouvrit une attraction polynésienne « The enchanted Tiki Room », que Marlon Brando tourna « Les révoltés du Bounty » (1962) et qu’Elvis Presley fit installer une « Jungle room » dans sa résidence du Tennessee.