Creating
Future

Future
Singularities

  • Partager sur
Jun 19, 2019Julie Dao Duy

« Les créateurs de mode, Martin Margiela en tête dès les années 90, l’ont déjà bien compris : l’ « upcycling » (fait de récupérer des matériaux usagés afin de les transformer en produits de qualité supérieure) est devenu un incontournable pour redorer l’image de la mode. Les rapports environnementaux tirent la sonnette d’alarme : une étude McKinsey en collaboration avec Business of Fashion (2018) estime que moins d’1% de la matière utilisée pour produire des vêtements sera recyclée après usage. Les jeunes créateurs embrassent le problème à bras le corps, proposant des collections faites de chutes de vêtements, comme Andrea Crews, ou donnant une seconde vie aux produits, comme les foulards de Marine Serre. L’utilisation d’invendus, de chutes et de fripes apporte alors un supplément d’âme à une industrie à bout de souffle et au bord du burn-out. Du côté du marché de la beauté, l’effort consacré au recyclage se concentrait jusqu’alors sur le packaging ou sur les « restes » des cosmétiques déjà utilisés. Mais depuis peu, des produits créés directement à partir de déchets apparaissent sur le marché, révolutionnant l’image d’une beauté green et « clean ».

I am Trash, les Fleurs du déchet, État Libre d’OrangeLes déchets des arbres fruitiers La préservation de la nature, pour de nombreuses marques de cosmétiques, passe par une sélection pointue d’ingrédients cultivés de façon respectueuse, le refus d’utilisation de parabens et autres composants chimiques, un engagement cruelty-free et bien sûr le choix d’un packaging issu du recyclage ou recyclable et compostable. La dernière gamme de produit L’Oréal, intitulée Seed, coche notamment chacun de ses critères. Mais de jeunes marques indépendantes vont encore plus loin, proposant des produits de beauté créés à partir des déchets d’arbres fruitiers, comme le bananier ou encore l’oranger des Osages, réduisant d’autant plus leur empreinte environnementale. C’est le cas de la marque Kadalys, créée par Shirley Billot, qui met en avant les multiples bienfaits du bananier. Elle est surnommée « la plante aux milles usages » ; feuille, sève, fleurs, ou racine sont utilisés et révèlent des pouvoirs propres : anti-âge, cicatrisant, apaisant, favorisant la lactation, luttant contre la peau grasse ou encore antifongique.Chaque année ce sont près de 270 000 tonnes de bananes qui sont transportées en bateau vers l’Europe. Mais 15% d’entre elles ne seront jamais vendues car abîmées, imparfaites ou seules. Pour lutter contre ce gaspillage, Kadalys récupère les bananes « moches et célibataires » et les transforme en soins de qualité pour la peau.

Kadalys

Les résidus de la parfumerie« Concevoir un parfum qui redonne du sens aux déchets et autres résidus de l’industrie du parfum et dire à tous, plus vite, plus fort, que du miasme peut rejaillir le beau et le bon. Nos déchets ont encore plein de sens à redistiller » affirme Étienne de Swardt, fondateur d’État Libre D’Orange, marque de parfums aux créations irrévérencieuses.

 

Il s’était déjà fait remarquer sur le marché avec ses parfums« Putain des Palaces », « Fat Electrician » ou encore« Attaquer le soleil ». Cette fois-ci ce sont bien les déchets du secteur de la parfumerie qui intéressent la marque française. « I am Trash, les Fleurs du déchet » sera commercialisé à l’automne 2018. En attendant, la marque, qui a collaboré avec l’agence Ogilvy, dévoile un teaser inattendu qui rend hommage à la renaissance des déchets. L’article est à découvrir dans son intégralité sur Peclers (+). Pour plus d’informations, merci de contacter Charlotte Delobelle. »