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Mar 22, 2017Julie Dao Duy

Chaque saison, les équipes Peclers se réunissent pour échanger sur leurs inspirations : couleurs, expositions, silhouettes, décors, films ou livres marquants. Cette réunion marque le point de départ des prochains thèmes de la nouvelle saison. Focus sur les coups de cœur de Dinah Sultan et Sophie Roux.

 

Faux noirs, infrarouge ou traitement en négatif : focus sur trois artistes qui utilisent le noir pour révéler une vérité cachée.

 

Visages masqués

Les personnages de LAURA BEN HAYOUN, photographe française présentée au festival Circulations (Festival de la Jeune Photographie Européenne), sont tous plongés dans l’obscurité. Seules leurs tenues réfléchissent dans la nuit. « Deliver » est une série photographique qui rend hommage aux livreurs à vélo qui se multiplient à la nuit tombée dans les rues de Paris. Munie du même « outil de travail » qu’eux (un simple smartphone) Laura Ben Hayoun les a suivi dans leurs missions nocturnes. Elle témoigne ainsi de leur existence fantomatique, les visages masqués par la pénombre, leur silhouette illuminée par les phares d’une voiture au détour d’une rue. Son travail en faux noir et blanc met en lumière une certaine précarité de l’emploi, elle aussi « camouflée » selon l’artiste, et qui prend des faux airs de liberté.

Subjectivité du regard

Ce traitement en faux négatif est à rapprocher du travail de Miia Autio, artiste finlandaise basée à Helsinki. Dans sa série photographique « Variation of White » elle expose les négatifs colorisés de ses photos originales, questionnant le spectateur sur les préjugés et la préconception du réel (ses modèles sont tous albinos mais l’utilisation du négatif détourne la réalité de leur couleur de peau). Pour prolonger l’expérience, le spectateur est invité à fixer un point rouge pendant 30 secondes avant de détourner le regard vers une surface blanche.  Une nouvelle réflexion de l’image se dévoile alors. Une façon pour l’artiste de challenger les notions d’illusion/de perception, de réalité/subjectivité.

Entre perception et réalité

 

Une perception des couleurs, des paysages et une vision de la réalité que questionne également Sanne de Wilde, dans sa série « The island of the colorblind ». L’artiste belge s’est rendue à Pingelap, une petite île de Micronésie où la plupart des habitants sont atteints d’achromatopsie (absence totale de vision des couleurs). En vivant avec eux, elle tente de comprendre leur vision. « Leurs noir et blanc n’ont rien à voir avec les nôtres ou ceux qu’on utilise en photographie. » confie-t-elle au quotidien Libération (Janvier 2017). Des photos infra-rouges, en noir et blanc ou des photos peintes et coloriées par les habitants eux-mêmes s’entrechoquent dans son travail. La totalité de son travail photographique et documentaire sera révélé dans un livre, The Island Of The Colorblind, à paraître aux éditions Hannibal Publishing en juillet 2017.