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Jun 14, 2017Julie Dao Duy

Par Elen Pouhaër

Pour le lancement mondial de son projet baptisé We Wear Culture, Google a investi les 9 et 10 juin le musée des Arts Décoratifs à Paris. L’occasion de découvrir grandeur nature cette plateforme digitale inédite exclusivement dédiée à la mode.

Démocratiser la mode

Qu’est-ce-que nos vêtements disent de nous ? Comment la mode a-t-elle évolué entre les 17ème et 21ème siècles ? Quelle est la place du temps et des coutumes dans l’acte de se vêtir ? Comment le design japonais redéfinit les codes de la beauté ?

D’une richesse sans précédent, le tout nouvel espace interactif We Wear Culture a pour principale mission de démocratiser l’histoire et la culture de la mode en explorant ses coulisses, ses techniques et savoir-faire, ses relations à l’art et son impact au niveau sociologique et économique.

« Notre objectif est de rendre le patrimoine et la culture accessibles au monde entier. Avec “We wear culture”, nous souhaitons décoder l’histoire des vêtements que nous portons. L’expérience numérique n’est pas en concurrence avec la confrontation réelle. C’est un cercle vertueux. Elle donne envie d’en savoir plus et de se déplacer » (Laurent Gaveau, directeur du lab de Google Arts & Culture)

Sous toutes les coutures

Pour mener à bien ce projet titanesque, Google s’est associé à 180 institutions culturelles venant de plus de 70 pays à travers le monde, du Château de Versailles au MoMA en passant par le Kyoto Fashion Institute ou le théâtre Bolchoï de Moscou.

We wear Culture propose ainsi une immersion au cœur des musées du monde entier mais aussi dans les coulisses d’usines et ateliers de confection tels que Leolucati ou Turnbull & Asser, réunissant plus de 36 000 photos de vêtements, costumes et accessoires, et près de 600 expositions virtuelles permettant de découvrir la rétrospective d’Issey Miyake du National Art Center à Tokyo, « Schiaparelli et le surréalisme » (Victoria & Albert Museum, à Londres), ou encore « La curieuse histoire des hommes en talons » (« The curious history of men in heels », présentée au Bata Shoe Museum de Toronto).

En parallèle, une série de vidéos, accessibles via la plateforme digitale mais aussi sur la chaîne et l’application dédiées, se penche sur le décryptage des tendances tandis que des analyses et regards d’experts explorent les groupes et mouvements culturels qui ont influencé la mode internationale, le véritable coût de la Fast Fashion, ou le tour du monde des styles, de la mode bavaroise des années 50 aux styles de l’Empire Russe.

Nouvelles technologies et création

Au musée des Arts Décoratifs, l’exposition « We Wear Culture : à chaque mode son histoire » proposait un dispositif immersif et ludique permettant de tester les innovations développées par Google Arts & Culture telles que la VR, le Gigapixel ou TiltBrush.

« Tout est très compliqué avec la mode, y compris la montrer (…) Avec seulement deux expositions par an, nos collections sont très éphémères et disparaissent. “We wear culture” permet de redonner vie, sur le long terme, à de grands projets ». (Olivier Gabet, directeur du musée des Arts décoratifs).

Numérisés en très haute définition grâce à l’innovation Gigapixels, pièces de haute couture iconiques, costumes et tissus se montrent sous un nouveau jour, affichant les détails de finitions et de matières invisibles à l’œil nu.

Parmi les pièces d’exception, une robe de cocktail Balenciaga datant de 1953, numérisée par l’Art Camera de Google fait apparaitre la dentelle rebrodée par Lesage de pierres, paillettes et tubes en argent.

Google enrichit l’expérience avec Tiltbrush, permettant d’appréhender la manière dont la technologie nourrit le travail de création dans le secteur de la mode mais aussi des vidéos de réalité virtuelle qui plongent l’utilisateur au cœur de la conception de la petite robe noire de Chanel, la genèse des stilettos ou du kimono en immersion totale à 360°.

Les nouvelles technologies du géant américain offrent ainsi une plongée dans plus de trois mille ans d’histoire pour mieux questionner la mode de demain.